Du Moyen-Age au XIXe siècle
la sculpture avait progressivement évolué en Europe,
jusqu’à retrouver la
perfection de l’art gréco-romain, et atteindre un summum de
précision
anatomique et d’idéalisation. Les sculpteurs n’employaient alors
que les
matériaux « nobles » comme la pierre, le
marbre, le bronze et le
bois.
Au début du XXe siècle
survient une révolution complète, qui répudie tous
les enseignements des
siècles antérieurs et leurs conventions culturelles,
rejette l’art européen
qualifié d’académique, et refuse l’art figuratif qui
visait à une
représentation fidèle de l’homme et de la nature.
Cette
révolution coïncide avec la découverte par les
artistes des masques et fétiches
ramenés d'Afrique Noire et d’Océanie par les
ethnographes, et exposés en particulier
au Musée de l’Homme vers 1906. Les critères occidentaux
de la beauté sont mis
en question, tout comme l’emploi de matériaux nobles. La
civilisation
européenne, jusque là dominante, doit céder la
prééminence aux civilisations
primitives.
Dès lors se succèdent sur un
rythme soutenu quantités d’écoles, toutes plus
révolutionnaires les unes que
les autres. Pendant tout le XXe siècle règne la
révolution permanente chère à
Trotski : Cubisme (1908), Futurisme (1909), Ready made
(1912),
Surréalisme (1922), Constructivisme (premiers artistes
bolcheviques, 1920), Art
brut (1945), Pop art (1955), Nouveau réalisme (1960), Op
art et
Cinétisme (1964), Art conceptuel ou
minimal (1965), Land Art (1969), Arte povera (1970), Happenings
(années 1970), Installations (années 80), et bien
d’autres encore plus
éphémères.
Paris était indiscutablement
la capitale artistique du monde au début du siècle,
attirant les jeunes
artistes du fin-fond de l’Europe et de l’Amérique, mais devra
céder sa place à
New York après la seconde guerre mondiale.
L’enseignement artistique
devient superflu, car tout individu peut s’autoproclamer artiste et
créateur.
L'emploi du marbre et de la pierre régresse, très rares
sont les artistes de
renom qui pratiquent la taille directe, les socles de statues
disparaissent car
ils sont censés séparer l’œuvre d’art du public. Beaucoup
de sculpteurs
laissent leur oeuvres brutes et inachevées, les coups de marteau
et soudures
non meulées témoignent de leur travail créateur,
les surfaces hérissées
d’arêtes et de pointes éloignent la main du visiteur, au
contraire des surfaces
soigneusement finies de la sculpture classique.
Les
« matériaux nouveaux » se
généralisent :
fil de fer, tôle, béton, verre, matières
plastiques, carton et déchets de
toutes sortes. Les sculptures se transforment le plus souvent en
structures
évidées, contrairement aux sculptures
traditionnelles ; leur
interprétation réclame de longs développements
ésotériques par les critiques
d’art.
Les avantages de ces
structures sont le faible coût des matériaux,
comparé au prix du mètre cube de
marbre statuaire, et la rapidité de la réalisation,
surtout en l’absence de
finitions. Chacun peut se dire artiste, et, avec l’outillage courant du
bricoleur, tenter de révolutionner encore une fois de plus la
sculpture. La
difficulté pour réussir une carrière glorieuse et
rémunératrice est ensuite de
se faire remarquer par les critiques et les marchands d’art.
1 – Les précurseurs
Gauguin (1848-1903) avait ramené de Tahiti des statuettes inspirées des idoles locales. Au tournant du siècle, la sculpture académique commence à être remise en question, sans être révolutionnée, par Rodin (1840-1917) avec ses anatomies musculeuses laissées volontairement inachevées, et Maillol (1861-1944) avec ses nus féminins à corps robuste ; tous deux faisaient couler leurs modèles en bronze.
2 – Picasso
Le « plus grand artiste
du XXe siècle », Pablo Ruiz Blasco dit Pablo Picasso
(1881-1973), fils
d’un père peintre d’origine basque et d’une mère
andalouse, étudia la peinture
académique à Barcelone et vint à Paris en 1900,
où il fréquenta Max Jacob, le
poète A. Salmon, Lipchitz et toutes
les
avant-gardes de Montmartre à Montparnasse. Ses oeuvres
picturales furent
vendues d’abord à des mécènes,
comme
Gertrude et Leo Stern, puis par divers marchands d’art comme Vollard,
Kahnweiler, Wildenstein, Rosenberg, Kann, Seligman, etc. Sa vie n’eut
rien
de celle d’un artiste maudit, il
échappa à la conscription en 1914-1918, séjournant
à Rome avec Jean Cocteau,
évita la Guerre Civile espagnole, et ne fut pas
inquiété par les Allemands en
1940-1945, bien que quelques années plus tôt, en 1936, le
régime hitlérien ait
classé son oeuvre dans « l’art
dégénéré » . Le
succès de sa
peinture fut mondial, et après son décès sa
fortune fut évaluée à 1,37
milliards de francs (209 millions d’euros), ce qui ne l'empêchait
pas d’être
inscrit au parti communiste. Il a successivement suivi les tendances
Cubiste,
Néoclassique, Surréaliste, Expressionniste et
Post-moderne.
Ses débuts en sculpture
datent de 1902, mais ce n’est qu’en 1966-1967 que des
expositions font connaître son oeuvre sculptée. Le
nombre de ses
sculptures et objets assimilés approche le nombre de 664 selon
le catalogue de
Spies. La première oeuvre est une Femme assise, en terre crue,
suivie de
quelques pièces encore réalistes, puis viennent à
partir de 1906, sous
l’influence de l ‘ « art nègre »
comme on le dénommait
alors, des têtes stylisés et déformés. Il
débute ensuite le travail du métal et
du bois, et en 1912 entreprend des constructions en carton et papier,
telles
que la série des Guitares, de fabrication grossière,
où interviennent des
clous, des ficelles, des boites de conserve et de tuyaux de
poêle. A cette
époque il compose aussi des sortes de natures mortes, avec des
papiers collés ou
épinglés et divers objets, comme des ampoules
électriques, des fragments de
miroirs collés sur un support et recouverts d’une couche de
sable.
En 1930 il achète le château
de Boisgeloup, où un vaste atelier lui permet d’entreprendre des
réalisations
de plus grande taille ; à partir de modèles d’argile
il fait couler des
plâtres, dont certains seront coulés en bronze. Dans
certains cas il monte
directement des modèles en plâtre frais, incorporant des
objets usuels comme
des passoires et imprimant à la surface des textures (feuilles,
grillages). Il
sculpte des animaux comme le taureau, le coq, et des têtes de
femme à nez
monstrueux. Les os d’animaux, qui le fascinaient, sont également
taillés en
forme d’oiseaux.
Il s’initie à la soudure du
fer avec J. Gonzalez. Refusant la
perfection technique, ses sculptures en fer sont volontairement mal
finies,
avec des découpages de tôle et des soudures
grossières. Il incorpore des objets
achetés dans le commerce, tels que cuillers, paniers à
salade, ressorts de
sommier. Le montage est ensuite peint en blanc uni.
Il reprend aussi les
collages, incorporant des tissus de récupération (chemise
sale, serpillières),
des ficelles, des boutons, des vieux gants..., de nombreux artistes le
suivront
dans cette voie. Il sculpte aussi le bois, sous forme de personnages
longilignes taillés dans des fragments de châssis de
peinture.
De 1934 à 1940 il délaisse
la sculpture, ne réalisant plus que de petits objets :
poupées, découpage
de capsules de bouteilles en étain, papiers
déchirés et brûlés (serviettes en
papier, boites de cigarettes), galets gravés. La tête de
taureau de 1937 est
formée d’un guidon et d’une selle de bicyclette, un
brûleur à gaz se transforme
directement en une oeuvre d’art appelée
« Vénus du gaz ».
Dans les années 50 il
reprend le montage de plus grandes oeuvres, comme la fameuse
chèvre dont le
modèle comprend un vieux panier pour figurer les côtes et
deux pots de
céramique pour les pis. Il récupère dans les
poubelles des pelles, des
fourchettes, des boulons, des tuiles, des pieds de canapés, des
manches à
balais. Il reprend le travail du métal en pliant des
tôles, et les recouvre
souvent de lignes ou de points, en peinture blanche, grise ou noire.
En 1957 il fournit au
norvégien Nesjar des dessins pour des oeuvres monumentales en
« bétogavure » : le
procédé consiste à couler dans un coffrage
un béton coloré incluant des galets de couleur, puis
à graver des sillons après
décoffrage par un outil de sablage. Picasso ne veut pas de
couleurs, il exige
que le béton soit blanc et les galets noirs ; plusieurs de
ces monuments
se trouvent dans les pays nordiques, atteignant jusqu’à 15 m de
hauteur.
Sa dernière grande
réalisation est en 1967 celle d’une construction de 20 m de
haut, réalisée à
Chicago (Civic Center) en acier Corten
(1) d’après les dessins du maître.
Picasso n’a pratiquement
jamais taillé la pierre ou le marbre, si l’on excepte une
tête de pipe en écume
de mer (n° 10 du catalogue Spies), deux têtes en pierre
à peine ébauchées (n°14
et 218) et divers galets gravés. Il n’était pas
inspiré par le marbre, et ne
comprenait pas que Michel-Ange ait pu voir son David à
l’intérieur d’un bloc
brut (Spies, p. 228).
3 – Les successeurs
Julio Gonzalez (1876-1942), fils d’un ferronnier catalan, vient à Paris en 1899, où il travaille comme orfèvre. Ouvrier chez Renault pendant la guerre de 14, il apprend la soudure autogène, puis devient sculpteur et collabore avec Picasso à qui il enseigne la soudure. Il emploie le métal repoussé, découpe des tôles, forge des fers de récupération, et assemble des sculptures filiformes dans l’esprit surréaliste.
Le roumain Constantin Brancusi
(1876-1957), né dans une famille de paysans des Carpates,
étudie les Beaux Arts
à Bucarest et à Paris où il arrive en 1904. Il
travaille dans l’atelier de
Rodin, qu’il quitte rapidement, pour se consacrer à la taille
directe dans la
pierre, le marbre, la stéatite, l’albâtre, le bois. Ses
sculptures,
d’inspiration africaine et cubiste, ont des formes ovoïdes,
dépouillées de tous
détails, ou représentent des animaux très
stylisés ; elles sont
soigneusement polies, et placées sur des socles de pierre,
contrairement à
celles des sculpteurs modernes.
Henri Laurens
(1885-1954), venu d’un milieu populaire parisien, suit une formation de
sculpteur et débute par des ornements. En 1908 il entreprend des
oeuvres
cubistes en carton, tôle, fil de fer, plâtre, carton
ondulé, incluant des
bouteilles, certains de ses modèles sont coulés en
bronze. Il revient ensuite à
la ronde bosse, taillant le marbre en formes arrondies, et produisant
des
bronzes exaltant la sensualité féminine.
Antoine Pevsner
(1886-1962) étudie à Kiev et St Petersbourg, enseigne le
Constructivisme à
Moscou. Avec son frère Naum Gabo il fait partie des
artistes qui se
joignent avec enthousiasme aux débuts de la révolution
russe, pour s’enfuir en
1923. Venu à Paris il travaille le métal, récusant
la sculpture dans la
masse : il réalise des surfaces géométriques
courbes en plastique
transparent ou teinté, puis en fils de bronze soudés
parallèlement. Son frère
Naum emploie également les matières plastiques en plaques
et fils.

Fig. 1 -
Pevsner, "Monde", laiton
brossé et patiné, MNAM (Musée National d'Art
Moderne, Centre G. Pompidou)

Fig. 2 -
Duchamp, "Fontaine", bicyclette et porte-bouteilles, MNAM
Marcel Duchamp
(1887-1968), type de l’artiste surréaliste provocateur, est fils
de notaire et
se consacre d’abord à la caricature et à la peinture. En
1915 il invente le Ready
made, présentant dans une exposition parisienne un
porte-bouteilles
métallique acheté au Bazar de l’Hôtel de
Ville : il est le premier à
employer des objets courants, comme des roues de bicyclettes, des
porte-manteaux, qu’il accole ou assemble ; ayant entendu parler
des
recherches du mathématicien Poincaré, il pense pouvoir
représenter la quatrième
dimension. Le temps libre qui lui reste est consacré aux
échecs et au
contrepet. Le sommet de son art est atteint par l’urinoir,
exposé en 1917 à
Zurich sous le nom de « Fontaine », au sujet
duquel il avouait
« on peut faire avaler n’importe quoi aux gens ».
Hans (Jean) Arp
(1887-1966), originaire de Strasbourg, suit des études
artistiques à Weimar et
Paris, puis se réfugie en Suisse pendant la Grande Guerre. Il
débute par le
collage de papiers et étoffes, posés au hasard,
découpe des panneaux de bois,
froisse et déchire le papier, mais sculpte aussi des
modèles en bois ou en
plâtre, avec des formes arrondies évoquant des
concrétions naturelles ou des
nuages : certains de ses modèles de grande taille seront
coulés en bronze
ou taillés dans la pierre par des praticiens. Installé
à Paris en 1929, il
théorise, inventant l’ « Art
concret » , qui se veut la synthèse
entre Art abstrait et Surréalisme, et refuse toute figuration.
Alexandre Archipenko
(1887-1954) après des études artistiques à Kiev et
Moscou, vient à Paris en
1908 et s’intéresse aux sculptures assyriennes,
égyptiennes et grecques
archaïques du Louvre. Malgré cela, il invente en 1912 les
« sculpto-peintures », assemblages cubistes de
ciment, plâtre,
papier, verre, bois, tôle, qu’il recouvre de peinture criardes.
Il produit
aussi des toiles mobiles et des sculptures lumineuses. Après
s’être installé à
Berlin en 1921, il part aux USA en 1928.
Ossip Zadkine
(1890-1967), fils d’un professeur de grec et de latin au
Séminaire de Smolensk
(Russie), arrive à Paris en 1909 ; il taille la pierre et
le marbre,
modèle l’argile et fait couler des bronzes. Les formes sont
géométriques de
style cubiste, tout en conservant un aspect figuratif. Il s’engage dans
l’armée
française en 1915-1917, contrairement aux autres artistes
« engagés », et se réfugie aux USA
en 1941. Un musée lui est consacré
à Paris, un autre aux Arques (Lot).
Max Ernst (1891-1976)
est né en Rhénanie et suit des cours de philosophie, puis
d’adonne au collage,
au grattage et au frottage : il découvre cette
dernière technique en
posant un papier sur un vieux plancher, et en frottant avec un crayon.
Se
rattachant aux écoles Dadaïste puis Surréaliste, il
grave des galets, sculpte
des totems et des animaux fantastiques, monte des Installations avec
des
postiches et des couvercles de lessiveuses, moule des casseroles, des
pots et
des bouteilles. Réfugié aux USA en 1941, il s’installe
à Paris en 1953. L’une
de ses Installations s’est vendue récemment 2,2 M$.
Chaïm-Jacob (Jacques) Lipchitz
(1891-1973), venu de Lituanie en 1909, étudie l’art classique
puis découvre le
Cubisme en 1913, et s’inspire de l’art africain, avant de devenir
Constructiviste. Patronné par le marchand Rosenberg, il
construit des
sculptures en pièces emboîtées, et des maquettes en
plâtre, bois et carton,
formant des volumes élémentaires anguleux, dont certaines
seront tirées en
bronze à la cire perdue, ou taillées en pierre par des
sculpteurs. Il revient
quelque peu au figuratif par la suite, et se réfugie à
New York en 1941.
Juan Miro
(1893-1983), peintre et sculpteur espagnol surréaliste,
réalise de toiles
monochromes et des assemblages de troncs d’arbres peints, pierres,
coquilles,
tuiles, chaînes, ressorts et œufs, et édifie des
jardins-labyrinthes.

Fig. 3 -
Miro, personnages en polyester
peint, La Défense
L’anglais Henry Moore
(1898-1986), fils de mineur, devient instituteur, et après avoir
été gazé
pendant la Grande Guerre, suit une école d’art et
s’intéresse aux sculptures
archaïques. S’inspirant des formes naturelles des arbres, galets
et coquilles,
il produit des formes monumentales soigneusement polies en pierre, bois
ou
bronze, aidé par des collaborateurs ; plusieurs d’entre
elles évoquent des
corps féminins étendus.
L’américain Alexandre Calder
(1898-1976) fait des études d’ingénieur et de peintre
à New York. Il tord des
fils de fer en forme de personnages fixes ou articulés, formant
un cirque
miniature qu’il présente en 1926 en un spectacle de deux heures,
et crée des
jouets mobiles. En 1932 il entreprend des constructions
articulées formées de
tiges et de plaques métalliques peintes en noir, créant
les
« Mobiles », qui oscillent au vent, ou sont mues
par des moteurs. En
1937 il revient à des structures métalliques fixes, les
« Stabiles »,
formées de tôles peintes posées au sol, pour
lesquelles il obtiendra des commandes
publiques à l’échelle
mondiale.

Fig. 4 -
Calder, 1976, "Stabile" en acier
de 75 tonnes, La Défense

Fig.
5 - Venet, "Doubles lignes indéterminées", 1988, acier,
La Défense
Le suisse Alberto Giacometti
(1901-1966), fils d’un peintre vivant dans une vallée
reculée des Grisons,
étudie les arts à Genève et Paris, où il
arrive en 1922. Elève de Bourdelle,
ses amis Lipchitz et Laurent le convertissent au Cubisme ; il
s’affilie
ensuite au Surréalisme, dont il sera exclu par Breton, et suit
l’engagement
révolutionnaire d’Aragon. Il modèle des figurines en
plâtre, souvent abstraites
ou fétichistes, avec parfois des pointes
menaçantes ; certaines sont
reproduites en bois par des praticiens ou coulées en bronze par
son frère
Diego. De 1935 à 1940 ses figurines sont de plus en plus petite
taille, puis
ensuite deviennent plus hautes, filiformes et décharnées.
Jean Dubuffet
(1901-1985), né au Havre, dessinateur en chauffage central et
négociant en
vins, se met tard à la peinture, évoquant des œuvres
d’enfants ou de malades
mentaux, et aussi à la sculpture. Il emploie la terre, le sable,
le goudron, le
papier froissé, les éponges et les tampons Jex. Il
taille des maquettes au
fil chaud dans des blocs de mousse de polystyrène, et les moule
ensuite en
époxy ; à partir de1972 il réalise de grands
monuments en résine, qu’il
bariole de hachures noires, bleues et rouges.
Germaine Richier
(1904-1959) suit les Beaux Arts de Montpellier et devient
élève de Bourdelle.
Elle réalise des formes
« réalistes » représentant le corps
humain,
des insectes et des animaux grotesques, utilisant le bronze peint, le
plâtre
polychrome, le plomb, le verre coloré, incluant des branches ou
des os, puis
évolue vers l’abstraction.
Meret Oppenheim
(1913-1985), née à Berlin, fait à Paris des
études dans les années 20 ;
muse des Surréalistes dans sa jeunesse, elle a pratiqué
la sculpture, mais la
plupart de ses oeuvres ont malheureusement été perdues,
sa réalisation majeure
est une tasse et une soucoupe recouvertes de fourrure (1936).
César Baldaccini (1921-1998),
après une formation classique, prospecte les ferrailleurs du
Midi, et se met à
découper et à souder à l’arc des tôles de
voitures accidentées, montant des
figures d’animaux inquiétants, des ailes et quelques portraits.
En 1960 il
entreprend des « Compressions », utilisant les
presses hydrauliques
des récupérateurs de métaux, qui réduisent
en cubes les déchets divers de la
société de consommation (automobiles, bicyclettes, tubes
et rubans de cuivre,
cageots, cartons, sacs de jute, vêtements...) . A partir de 1965
il met en
oeuvre les mousses expansives au polyuréthane, appelées
« Expansions », en les déversant au sol
dans différentes conditions,
puis en les recouvrant peinture laquée ou de fibre de verre et
polyester. Il
travaille aussi le PVC par thermoformage pour en faire des masques. A
la même
date il réalise des agrandissements d’un pouce au pantographe,
qui sont ensuite
coulés en bronze. De nombreux autres artistes en Europe et en
Amérique (Pop
art, Nouveau réalisme) suivent ses traces,
récupérant des déchets ménagers et
industriels pour leurs montages, comme des accumulations de bidons
d’huile ou
de masques à gaz.

Fig. 6 -
César, "Compression
Ricard", 1962, et expansion en mousse de pomyuréthane, MNAM

Fig. 7 -
César, "Compression murale", 1975, cartons ondulés
compressés dans une vitrine, MNAM

Fig.
8 - César, "Coque Vallelunga", tôle peinte, MNAM
J. Beuys (1921-1986)
débute par des études de pédiatrie ;
enrôlé comme pilote de la Luftwaffe,
il est abattu en Crimée et recueilli par des Tatars. Il
utilisé le bois et le
cuivre, mais aussi des matériaux moins habituels (feutre, miel,
graisse, os,
batteries), ce qui le conduit naturellement à être
nommé professeur de
sculpture à l’Académie de Düsseldorf, d’où il
est renvoyé en 1972. Ses grandes
réalisations sont des empilements
de plaques de feutre recouvertes de tôles de cuivre : ce
seraient
des œuvres « d’Art total, moteurs du
développement de la
société ». En 1966 il emballe un piano
à queue dans un feutre gris, en
1974 il présente une autre
« Performance », au cours de laquelle,
couvert d’un drap, il joue avec un coyote et divers objets pendant
trois jours.
Richard Stankiewitcz
(1922-1983), ex-mécanicien de la marine américaine,
s’installe à Paris en 1950
et soude des rebuts industriels pour en faire des machines improbables,
à base
de fils de fer, pièces neuves ou rouillées, roues de
vélos…, créant la Junk
sculpture.
George Segal
(1924-2000) a commencé comme éleveur de poulets aux
Etats-Unis, puis devient
professeur d’arts plastiques. Fondateur du Pop art, il s’en
éloigne par
la suite. A partir de 1958 il construit des modèles en bandes de
plâtre
médical, tendues sur des
grillages, puis poursuit ses recherches
en prenant directement des moulages en plâtre de ses proches,
qu’il place dans
des cabines réalistes avec un éclairage violent des
surfaces de plâtre blanc.
Il a aussi travaillé le bois, le plexiglas et les tubes
luminescents, et a
réalisé un monument de l’Holocauste.
Mario Mertz
(1925-2003) est un turinois, initiateur de l’Arte povera, qui
consiste à
assembler des fagots, des parapluies, de vieux tissus, des bouteilles,
des
vanneries, des blocs de terre glaise ou cire d’abeilles, du goudron, de
la
graisse, de la terre, des journaux froissés, des tables de bois,
des fruits et
légumes, en somme le contenu de poubelles, souvent
agrémentés de tubes luminescents.
Jean Tinguely
(1925-1991), né à Bâle, étudie les Beaux
Arts dans sa ville natale, et se
consacre après la guerre à la peinture abstraite et aux
objets en fil de fer.
Il rejoint en 1953 à Paris le mouvement des Artistes
Cinétiques et expose en
1955 des machines peintes en noir animées par des manivelles ou
des moteurs
électriques ou à explosion. Des casseroles, bouteilles et
verres frappés par
des marteaux, ou des boules roulant dans des tuyaux, ajoutent le bruit
au
mouvement. Certaines machines dessinent des lignes aléatoires
sur une feuille
de papier, produisant une œuvre d’art chaque minute. Une autre machine
est
prévue pour exploser après trente minutes de
fonctionnement. En 1971 il expose
une phallus de 5 m qui brûle devant la cathédrale de
Milan. Ses Baloubas (2)
sont construits avec des ferrailles et des jouets en plastique,
posés sur des
bidons d’huile en guise de socle, et se mettent en mouvement quand on
appuie
sur une pédale.
D’autres artistes ajoutent
aux montages cinétiques des miroirs, des postes radio, des
téléviseurs, des
projecteurs, des artifices pyrotechniques ; l’un de ces montages
animés
atteint 72 m de haut à Liège. Certains suspendent des
objets au plafond,
permettant au spectateur de pénétrer dans la sculpture.
Ainsi pense-t-on réaliser
la synthèse entre tous les arts, sculpture, peinture, musique et
théâtre.

Fig. 9 -
Etienne-Martin, "Le manteau",
1962, tissus et corde, MNAM
Yves Klein
(1928-1962), venu d’une famille d’artistes de Nice, est d’abord un
peintre « conceptuel », qui présente
des tableaux monochromes,
peints au rouleau sur fonds rectangulaires. En 1958 il expose une
pièce
entièrement vide laquée en blanc, appelée avec
à propos « Le Vide ».
La même année il pratique le Body art, prenant des
empreintes de femmes nues
couvertes de peinture, sur papier ou sur toile. En sculpture, il est
devenu
célèbre par des éponges peintes en bleu
juchées au sommet d’un fil de fer,
l’emploi de fleurs artificielles, et ses « sculptures de
feu »
(cartons enflammés).

Fig. 10 -
Philolaos, "L'oiseau
mécanique", 1972, acier inox, La Défense

Fig. 11 -
Takis, "Le bassin de Takis", 1988, La Défense

Fig. 12 -
Leygue, "Fontaine aux corneilles", 1973, tôle de cuivre, La
Défense
L’américain Donald Judd
(1928-1994) étudie l’art et la philosophie, débute comme
peintre « minimaliste »,
puis vient à la sculpture en 1960 : il taille des figures
géométriques en
bois, peintes en rouge cadmium, se met à construire des meubles,
et travaille
la tôle galvanisée, l’aluminium, le contreplaqué et
le béton. Il présente par
exemple des séries de boites rectangulaires en tôle et
plexiglas, posées au sol
ou superposées sur un mur, et ouvre
un
musée de plein air sur un grand terrain de Marfa (Texas).
D’autres artistes
minimalistes des années 60 introduisent des matières
périssables dans leurs
montages, par exemple une salade placée sur un socle, qui doit
être souvent
renouvelée
Armand Fernandez dit Arman
(né à Nice en 1928 d’une famille de marchands de meubles)
étudie à l’Ecole du
Louvre, se lance dans la peinture, et l’abandonne en 1954 pour
pratiquer des
« Accumulations », boites de plexiglas remplies
de détritus,
cafetières, brocs émaillés, vieux dentiers. En
1961, dans le cadre du
« Nouveau réalisme », il présente
devant les caméras des
Happenings : au cours des
« Destructions » il découpe des statues
à la tronçonneuse, brise à
coup de masse un piano ou une contrebasse. Pendant ses
« Colères » il
piétine des violons (3), des réveils, des meubles, qui
sont ensuite présentés
comme tableaux éclatés, ou même dynamite une
voiture. En 1963 viennent les
« Combustions » pendant les quelles il
brûle des fauteuils de style
qu’il recouvre ensuite de résine. En 1982 il inclue dans le
béton d’un parking
de 20 m de haut une centaine de voitures, pour finalement revenir
à la peinture
dans les dernières années du siècle.
Niki de Saint-Phalle
(1930-2002), née à Paris, se rend à New York
où elle est soignée par la
peinture dans un asile psychiatrique. Revenue en Europe en 1951 elle
pratique
des assemblages ; en 1961 elle rejoint les « Nouveaux
réalistes » et expose des reliefs en plâtre
garnis de poches de peinture
liquide, que les spectateurs peuvent perforer à la carabine pour
que la
peinture s’écoule sur le plâtre. En 1964 elle
débute la série de ses fameuses
Nanas, en tissus, papier mâché ou polyester fixés
sur une armature de grillage,
représentant des corps obèses et obscènes ;
la plus grande, construite en
Suède, a une longueur de 28 m et les spectateurs peuvent y
pénétrer.
Fernando Botero, né
en 1932 à Medellin (Colombie), étudie les Beaux Arts
à Bogota, puis y enseigne,
et vient en 1960 à New York, où il se fait
reconnaître comme l’un des plus
grands peintres sud-américains de son temps. Installé
à Paris en 1973, il se
lance dans la sculpture, reprenant les thèmes de sa peinture et
produisant
quelques 200 oeuvres monumentales en bronze poli et patiné,
pesant en moyenne
1500 kg. Des dizaines de ses oeuvres ont été
exposées à ciel ouvert dans de
nombreuses capitales du monde, notamment en 1993 sur les Champs
Elysées. Elles
figurent le plus souvent des femmes obèses et des animaux plus
corpulents que
nature. Botero critique avec véhémence ses
collègues pratiquant l’art moderne,
déclarant par exemple que cette époque est celle d’une
« profonde
décadence spirituelle dans les beaux arts » ou
« l’art traverse une
période de totale décadence ».
Christo Javacheff, né en Bulgarie
en 1935, vient à Paris en 1958 après des études
artistiques à Sofia et à
Vienne, commence par accumuler des bidons métalliques et
emballer des meubles
avec de la toile et des ficelles. Il entreprend des projets de plus en
plus
gigantesques : Kunsthalle de Berne en 1968, barrière de tissu
orange de 5,3 m
de haut et de 40 km de long en Californie en 1972, Pont-Neuf de Paris
en 1985,
palais du Reichstag à Berlin en 1995 (100 000 m² de tissu),
réalisations qui se
rattachent au Land Art.
D’autres adeptes du Land
art, apparu aux USA à la fin des années 60, ont pour
but de dénoncer la
société dans laquelle ils vivent et promouvoir
l’écologie ; certains
modèlent de grands terrains au bull doser, creusent des
tranchées dans le
Nevada, construisent des cabanes de paille ou de bois, entassent des
tas de
pierres en spirale dans un lac, tracent des lignes de plâtre
parallèles dans le
désert Mojave, dessinent des figures géométriques
dans la neige ou dans des
champs de maïs.
Dennis Oppenheim (né
en 1938 aux Etats-Unis) fait des études
en Californie, s’inspire de l’œuvre surréaliste de
Duchamp, puis devient
professeur d’art. En 1968 il débute des exhibitions d’Earth
art, qui
consiste par exemple à déverser un tas de terre dans un
musée de New York,
tracer des cercles concentriques dans la neige ou faire dessiner des
signes
dans le ciel par un avion équipé de fumigènes,
verser un colorant rouge dans la
mer, puis de l’essence et y mettre le feu.
Il lance ensuite le Body
art, s’exposant au soleil pendant six heures avec un livre sur la
poitrine, jusqu’à la brûlure. Oppenheim construit
ensuite des machines,
dont certaines incluent des feux d’artifice, manquant de mettre le feu
à la
galerie d’exposition. L’une de ses dernières oeuvres,
intitulée Sleeping
dogs (1997), comporte huit hot-dogs géants reposant dans des
sacs de
couchage autour d’un feu de camp.
L’un de ses imitateurs dans
le Body Art, Chris Burden, se
tire un coup de pistolet dans le bras, d’autres adeptes de cet art
pratiquent
l’exhibitionnisme, les peintures corporelles avec du sang ou des
excréments,
s’infligent des meurtrissures « pour obliger le spectateur
à se mettre en
cause » ; un artiste autrichien meurt en 1969
après une automutilation.
Certains se tiennent simplement debout sur un tréteau, comme le
couple anglais
Gilbert and George, représentant des « sculptures
vivantes ».
Kounellis (né au Pirée en 1936 et
installé en Italie) est un adepte de l’Arte povera :
il
construit des sortes de quenouilles en bois, laine et ficelle, place un
perroquet vivant devant une toile peinte, monte des Installations avec
des
fragments de moulures en plâtre. Il aménage des
pièces en plaçant des plaques
maintenues contre les murs par des poutres obliques, ou suspend des
pierres par
des cordes au plafond.

Fig. 13 - Kounellis, sans titre,
quenouille de laine, ficelle et bois, MNAM
Daniel Buren (né en
1938), formé à l’Ecole des Métiers d’Art, est un
artiste universel, théoricien
de l’Art Conceptuel ; il a pratiqué la peinture, le son, la
vidéo et les
Installations. Un de ses objectifs est le degré zéro en
peinture. En 1967 il
peint en public avec trois compères dans une salle où un
magnétophone hurle
« BMPT vous conseillent de devenir
intelligents » ; en 1968 il
affiche dans Paris 200 posters représentant des rayures blanches
et de couleur,
espacées de 8,7 cm. En 1986 il obtient du président
Mitterrand et de son
ministre de la culture Jack Lang la commande des fameuses colonnes
à rayures
blanches et noires du Palais Royal, qui feront de lui un artiste
officiel,
obtenant de nombreuses commandes de municipalités et de pays
étrangers (Japon
surtout). Ses oeuvres majeures sont une cinquantaine de
« Cabanes
éclatées », formées d’une charpente, de
plastiques, de miroirs et de
morceaux de tissus avec les fameuses bandes rayées de 8,7 cm. En
2002 il installe
à Beaubourg 61 alvéoles de 30 m3, sur trois
niveaux, « dans
lesquelles on perd avec jubilation la notion d’espace et de
temps ».

Fig. 14 -
Buren, colonnes de marbre noir
et pierre reconstituée, Palais Royal

Fig. 15 - Yancovic, "Dans les traces de nos pères", 1990, polyester et béton peints, La Défense
Hermann Nitsch (né en
Autriche en 1938) atteint les sommets de la provocation et de l’horreur
en
réalisant des Happenings sur des sujets
démentiels, stercoraires ou
pornographiques, accompagnés d’exécutions d’animaux. Le
français C. Pinoncelli
se coupe une phalange de doigt devant un public. L’anglais D. Hirst
expose des
animaux conservés dans le formol, l’allemand G. Forg des
cadavres humains
taxidermisés.
Richard Serra, né en
1939 à San Francisco, expose en 1966 des animaux vivants et
empaillés, il
emploie aussi le caoutchouc liquide, la fibre de verre et des tubes
néon, et
déverse du plomb fondu au sol. Il fait des empilements de
plaques de plomb à
l’équilibre incertain, comme des châteaux de cartes, et
des constructions
géantes dans lesquels le spectateur peut circuler.
Joël Shapiro, né à
New York en 1941, reproduit en fer forgé ou en bronze des objets
réels à
échelle réduite, comme par exemple des séries
d’étagères.
J.P. Raynaud, né à
Paris en 1939, débute par des études
d’horticulture ; il assemble des
panneaux routiers, ou des pots de fleur en terre, peints en rouge,
blanc ou
noir, dénommés « psycho-objets ».
Il construit en 1974 un « lieu
structural », pièce d’habitation entièrement
revêtue de carrelage blanc,
considérée comme « temple artistique,
emblème de la perfection
immaculée », puis la détruit en 1993 avec une
pelle hydraulique.
A Londres les frères
Chapman (nés en 1962 et 1966) présentent à la
galerie Saatchi des
mannequins pornographiques ; ils ont reçu en 2003 le prix
Turner de 25000
£ de la Royal Academy of Art.
Cependant d’autres méthodes
de sculpture sont récemment apparues en Amérique du
Nord : la cybersculpture
consiste à créer une sculpture virtuelle par des
logiciels de dessin de formes
(Form.Z4, Rhino3d, Magics tooling...) ; de telles sculptures
numériques
peuvent ensuite être réalisés physiquement par
usinage au moyen de fraises
rapides à commande numérique, ce qui demandera aux
sculpteurs du futur une
adaptation aux méthodes informatiques.
4 - Conclusion
Après
la
succession anarchique des Révolutions artistiques au cours du
XXe siècle, tous
les matériaux ont été expérimentés,
même les plus exécrables, il apparaît
impossible d’en trouver de nouveaux, à l’exception des
sculptures virtuelles.
Tous les acquis des siècles et millénaires passés
qui ont fondé la civilisation
occidentale ont été récusés, il n’est plus
possible de définir ce qu’est la
beauté, et n’étant pas compétent en
esthétique, je me garderai d’émettre une
opinion qui ne serait pas dans la ligne officielle, et serait
susceptible de
créer du tort au commerce de l’Art.
Les
théoriciens
de l’Art Moderne nous ont convaincus que nous sommes parvenus à
la fin de
l’Art, dans le « non-art » ;
tout le monde est Artiste, et comme le disait Donald Judd
« si
quelqu’un dit que son travail est de l’art, c’est de l’art ».
Mais que
retiendront les siècles futurs de
l’Art
Moderne du XXe siècle, pour autant que notre civilisation
occidentale
perdure : ses artistes célébrés seront-ils
reconnus comme des grands
hommes, ou bien les historiens redécouvriront-ils les artistes
plus modestes,
employant les matériaux traditionnels éprouvés
pendant des siècles, et cherchant
à perfectionner les acquis des artistes des siècles
passés plutôt qu’à tout
détruire ?
Références
An., 1997, César, Gallimard-Réunion des Musées Nationaux
Baumelle A. (de la), 1987, Les collections du Musée National d’Art Moderne, Ed. du Centre Pompidou
Ducros F., 1999, Mario Merz, Ed. Flammarion
Dufrêne T. et Rinui P.L., 2001, De la sculpture au XXe siècle, Presses Univ. Grenoble
Encyclopedia Universalis
Goldberg I. et Monnin F., 1995, La sculpture moderne au Musée d’Art Moderne, Ed. Skala, Centre G. Pompidou
Lemoine G.G et al., 1998, Calder, Ed. Cercle d’Art
Lord J., 1997, Giacometti, biographie, Nil éd.
Marchal G.L., 1992, Ossip Zadkine, la sculpture... toute une vie, Ed. du Rouergue
Rubercy E. de, et Le Bihan D., 1997, Brancusi, Ed. Cercle d’Art
Spies W., 2000, Picasso sculpteur, Ed. du Centre Pompidou, 444 p.
Wilkinson A.G., 1998, Lipchitz, dans le jardin du Palais Royal, Ed. du Regard
sites web divers
Notes
(1) : l’acier Corten, ou acier autopatinable, se couvre d’une couche de rouille orangée, qui en principe le préserve d’une corrosion plus profonde. C’est un acier à basse teneur en carbone (0,09%), incluant de faibles pourcentages de Cu, Ni et Cr.
(2) : ces Balubas n’ont rien à voir avec la tribu congolaise de ce nom.
(3) : une guitare en bois éclatée par Arman était estimée à 18000-20000 euros en 2003.