Les roches ornementales du Portugal

PERRIER R., Mines et Carrières, vol. 75, nov. 1993, p. 61-69

Avec une production totale évaluée à 2,26 Mt en 1989 selon l'ASSIMAGRA (1991), le Portugal serait devenu ces dernières années l'un des principaux producteurs mondiaux de roches ornementales : la croissance de la production s'est accélérée subitement depuis 1987 . les roches carbonatées (marbres et calcaires) représentant 70 % du total.

Fig. 1 - Place centrale d'Evora, fontaine en marbre rose de l'Algarve

Cependant les exportations, qui fournissent des données plus fiables,  ne représentent qu'une faible partie de la production (17 % en 1989), le reste étant absorbé par le marché intérieur très actif. Les roches carbonatées (calcaires et marbres) sont les plus exportées (382 000 t en 1989), contre 149 000 t de roches siliceuses (granites, syénites, ardoises et schistes). Dans la première catégorie le pourcentage de produits ouvrés est en croissance (47 % en 1989) ; parmi les roches siliceuses, ce pourcentage reste encore faible (18 %), ce qui signifie que les granites sont exportés surtout sous forme de blocs.

Les principaux clients pour les marbres et les calcaires sont l'Espagne, l'Italie, l'Allemagne et la France. Les granites sont expédiés surtout au Japon, et les pavés en Allemagne.

En 1991 on compte environ 400 carrières, employant 3500 personnes, et environ 400 usines et ateliers, employant 6500 personnes.

    Le principal centre d'extraction et transformation pour les marbres est la région d'Estremoz-Borba-Vila Viçosa, dont les réserves devraient durer encore 200 ans. Pour les calcaires l'industrie transformatrice est située à Pero Pinhero-Terrugem près de Sintra, pour des raisons historiques (la production locale de Lioz est en voie d'extinction), ensuite à Montemor, Fatima et Santarem pour les calcaires d'Estremadura.

Pour les granits, la transformation est implantée près de Portalegre (Monforte, Arpalhao), et en Algarve pour la syénite de Monchique (23 000 t en 1988).

La fabrication artisanale des pavés est très active dans le Nord du Pays, avec 464 000 t exportées en 1989. Il s'ajoute une petite production d'ardoises à Valongo (28 000 t en 1987) et de schistes à Barrancos et Mourao (59 000 t).

Notons en outre l'implantation autour d'Estremoz et de Sintra de fabricants de matériels de carrière (derricks, perforateurs hydrauliques, éclateurs hydrauliques, scies à câble diamanté) et de machines de transformation (outils diamantés, châssis, taille-blocs, lignes de polissage).

1 - Historique

La pierre, si abondante au Portugal, fut utilisée dès la Préhistoire dans les constructions mégalithiques, mais aussi en sculpture, comme en témoignent ces étranges guerriers "lusitaniens"  qui dateraient de l'Age du Fer.

Fig. 2 - Le guerrier lusitanien de Basto, sur la place de Cabeceira de Basto ; l'inscription de 1612 est bien postérieure

Fig. 3 - Le temple de Diane à Evora, avec colonnes en granite, soubassements et chapiteaux en marbre


Fig. 4 - Cathédrale d'Evora, chevêtre en marbre du XVIIIe siècle

Fig. 5 - Exemples d'altération de la pierre d'Estremadura, monastère de Batalha

Au IIe siècle avant J.C. le Portugal devint la province romaine de Lusitanie, non sans difficultés puisque la conquête demanda 87 ans.

Les ruines de Conimbriga, au Sud de Coimbra, sont le témoin de la plus importante ville romaine du Portugal, avec entre autres de remarquables mosaïques. A Evora se trouvent aussi des témoignages intéressants d'emploi de la pierre par les Romains : le temple de Diane  montre des colonnes de granite surmontées de chapiteaux de marbre (les carrières d'Estremoz ont été ouvertes à cette époque). On notera que le marbre a mieux résisté que le granite aux outrages du temps. Au Musée d'Evora se voient des tombes romaines en marbre blanc, des frises de temple en granite gris, et aussi des plaques gravées de caractères arabes (la ville comptait 20 mosquées à cette époque).

Après la Reconquête contre les Maures, le justement fameux Monastère de Batalha fut construit en commémoration de la bataille d'Aljubarrota (1385), qui évita au Portugal de devenir une province espagnole. La construction se fit en diverses étapes depuis 1388 jusqu'en 1532, faisant appel à la pierre à grain fin d'Estremadura.

Les carrières d'Estremoz furent redécouvertes sous Philippe d'Espagne, et contribuèrent à la décoration de l'Escorial. Le calcaire à Rudistes de Lisbonne (Lioz) était certainement connu à la Renaissance, puisqu'une commode du musée d'Evora comporte un dessus avec des Rudistes caractéristiques.

Pendant la Renaissance, Coimbra était la capitale artistique du Portugal, et plusieurs sculpteurs français, comme Nicolas Chanterène, Philippe Hoddart et Jean de Rouen, participèrent à son embellissement.

Toujours à Evora, le chevêtre de la Cathédrale, datant du XVIIIe siècle a fait largement emploi du marbre rose d'Estremoz-Borba : la fig 4 montre l'absence d'entretien de l'édifice, avec des encroûtements de lichens noirs et des éclats provoqués par la dilatation et la rouille de la grille.

Au début du XIXe siècle un certain P.B. Dejeant, qui avait participé aux conquêtes napoléoniennes, se fixa au Portugal et entreprit de développer l'industrie marbrière, suivant en quelque sorte la même voie que Henraux à Carrare. A cette époque l'extraction du marbre végétait, et des « savants étrangers » qui avaient visité le Portugal affirmaient qu'à part les quelques carrières des environs de Lisbonne il n'existait pas de marbre dans le pays. Dejeant monta une usine faisant appel à la force motrice de la vapeur, et employant jusqu'à cent ouvriers ; il exporta en Grande Bretagne, en France, en Italie et jusqu'en Russie.

Mais aussi, pendant quarante ans il explora les possibilités marbrières du Portugal et découvrit 79 marbres, dont des marbres roses à traces vertes, des marbre jaunes, des poudingues versicolores. Il présenta à l'Exposition Universelle de Paris en 1855 les produits de quarante carrières découvertes par lui. Des marbriers portugais exposaient des marbres blancs d'Estremoz, des cipolins de Viana, et des pierres lithographiques.

Cependant ce n'est qu'après la seconde guerre mondiale, spécialement de 1959 à 1965, que l'industrie marbrière se développa réellement ; favorisée par une main d'oeuvre à bon marché, elle souffrait d'infrastructures insuffisantes (jusqu'à une époque récente l'énergie électrique ne parvenait pas à Estremoz), d'une faible productivité, de manque de capitaux et d'une implantation anarchique des carrières.

   Fig. 6 - Situation des carrières


Fig. 7 - Production du Portugal (d'après ASSIMAGRA)

Fig. 8 - Exportations du Portugal (d'après ASSIMAGRA)

   2 - Géologie

La chaîne hercynienne, dont le plissement majeur date du Carbonifère, forme le substratum de tout le pays, qui fait partie avec l'Espagne du massif appelé Meseta ou Massif Hespérique. Les terrains hercyniens affleurent largement dans tout le pays à l'exception de deux bassins mésozoïques, le bassin occidental (ou lusitanien) et le bassin du Sud (Algarve).

A - La chaîne hercynienne

Au Portugal est traversé par trois des zones de la chaîne hercynienne, depuis la partie axiale (zone centro-ibérique) jusqu'à la zone la plus externe connue au SW (zone sud-portugaise).

a - Zone centro-ibérique

Les terrains les plus anciens sont les flyschs du Précambrien supérieur au Cambrien ; ils sont surmontés en discordance par les quartzites de l'Ordovicien Inférieur (Arenig). Une phase tectonique précoce se traduit par des plissements à plan axial vertical, ou déversés de part et d'autre de la zone axiale, accompagnés d'intrusions granitiques de l'Ordovicien supérieur-Silurien.

L'orogenèse proprement hercynienne comporterait deux phases successives :

- du Dévonien moyen au Carbonifère inférieur (Viséen),

- une phase majeure westphalienne, marquée par des granites à cordiérite.

Les terrains discordants du Carbonifère supérieur (Westphalien D et Stéphanien) sont affectés par une phase tardihercynienne, avec intrusions de granites calcoalcalins, souvent à grands cristaux, datant du Permien inférieur (280 Ma).

Dans la région de Tra os Montes ces terrains sont recouverts par des ensembles de nature toute différente, qui se rattachent à la nappe de socle de Galice : dans les klippes de Bragança et Morais, on rencontre à la base des écailles de roches vertes (exploitées à Donal), puis des roches métamorphiques de haut grade.

Cette nappe proviendrait d'une cicatrice importante, marquée par des blastomylonites, le cisaillement ductile Coimbra-Cordoba, qui forme approximativement la limite avec la zone suivante.

b - Zone de l'Ossa Morena

Sur des roches métamorphiques du Précambrien ancien, le Précambrien supérieur est sédimentaire (de type Briovérien), et se termine par une grande discordance à la base du Cambrien.

Le Cambrien inférieur, assez complet, comporte un conglomérat, des marbres dolomitiques, puis des marbres calcitiques (marbres d'Estremoz), dont l'âge a été établi en Espagne par la découverte d'Archaeocyathus. La série se poursuit par des schistes et quartzites, avec roches volcaniques, de l'Ordovicien et du Silurien.

Cependant, sur l'anticlinorium d'Estremoz on a montré une lacune du Cambrien moyen et de l'Ordovicien, accompagnée de la formation d'un paléokarst à remplissage d'oxydes de fer.

Le Dévonien Inférieur de plateforme est séparé par une discordance du flysch du Dévonien supérieur et du Carbonifère inférieur. Enfin survient la phase hercynienne majeure, qui entraîne le chevauchement général vers le SW ; la zone de chevauchement se traduit par une zone mylonitique d'un kilomètre de large.

Le long de cet accident s'intercale le complexe de Beja, constitué de gabbros, serpentinites et anorthosites ; ce serait une écaille de croûte océanique,  surmontée  d'un fragment  d'arc  insulaire  selon  les interprétations les plus récentes.

c - Zone Sud-portugaise

Seuls affleurent les terrains du Dévonien supérieur et du Carbonifère. Le Dévonien supérieur est sous faciès flysch, il est suivi du Carbonifère inférieur dans lequel des émanations volcaniques sous-marines sont à l'origine des couches de pyrite exploitées à Aljustrel pour le cuivre, le zinc et le plomb, et de dépôts de radiolarites contenant du manganèse. Les mines d'Aljustrel ont fait l'objet d'exploitations dès l'époque romaine. Depuis leur abandon par une compagnie belge, un développement important est en cours par une société gouvernementale, comportant une profonde rampe d'accès pour les camions.

Après le flysch du Culm (Viséen à Namurien), la phase hercynienne du Westphalien provoque des plis déversés vers le SW, et un faible métamorphisme, décroissant vers le SW où d'ailleurs les faciès du Dévonien-Carbonifère sont moins profonds, il n'y a pas d'intrusions notables dans cette zone.

L'exploration des pyrites a confirmé l'existence du grand décrochement sénestre appelé faille d'Alentejo-Plasencia ; c'est le type des décrochements tardi-hercyniens qui découpent le massif de la Meseta. Ils se seraient produits en deux phases :

- une compression N-S produisant les décrochements sénestres SW-NE,

- une compression E-W, pendant le Permien, qui donne à la faille de Coimbra un jeu inverse.

Cette succession de zones hercyniennes montre clairement l'existence de phases précoces dans la zone axiale, la migration de l'orogenèse dans le temps du NE au SW, et la diminution des intrusions et du métamorphisme dans la même direction. Toutefois le continent qui devait limiter l'orogène hercynien plus au SW n'est pas connu.

B - Le bassin lusitanien

Ce bassin mésozoïque occupe tout le centre du Portugal à l'ouest de la faille de Coimbra.

En discordance sur le socle hercynien, le Trias supérieur débute par des grès continentaux (grès de Silves) et des argiles rouges. Il est suivi du Lias inférieur avec des dolomies fossilifères, puis des grès et argiles versicolores contenant du gypse et du sel : ce dernier sera à l'origine de diapirs dans le centre du pays. Ces séries correspondent au début des effondrements (rifting) qui amorcent la formation de l'océan atlantique à l'W de la Meseta.

Le régime marin s'affirme avec la dolomie de Coimbra (Sinémurien), formation de plateforme peu profonde, qui rapidement est suivie par les séries plus profondes de marnocalcaires à Ammonites du Domérien supérieur au Lias supérieur.

Le Dogger et le Callovien se marquent dans l'anticlinorium d'Estremadura par le rétablissement d'une plateforme peu profonde, avec des centaines de mètres de calcaires oolitiques puis bioclastiques, tandis qu'à l'W des marnocalcaires se déposent sur la pente continentale.

Après une régression, qui se traduit en Estremadura par une lacune du Callovien terminal et de l'Oxfordien inférieur, et en d'autres localités par une discordance ou des dépôts continentaux, une transgression d'étendue limitée se produit dans la région de Lisbonne, avec un golfe bordé de récifs à Polypiers et Nérinées, alors qu'ailleurs les sédiments sont continentaux.

Le golfe de Lisbonne persiste à l'Hauterivien-Barrémien, avec des marnes fossilifères et quelques récifs, suivis de dépôts fluviatiles aptiens.

La transgression cénomanienne s'étend plus largement, atteignant Leiria ; aux alentours de Lisbonne elle est réputée pour ses récifs à Rudistes et Nérinées, qui ont fourni la pierre des constructions anciennes de la ville, et des marbres réputés (Lioz).

La fin du Crétacé est marquée par le retour des dépôts de grès grossiers fluviatiles, et par des intrusions volcaniques importantes, dont subsistent les complexes annulaires subvolcaniques de Sintra, Sines, et Monchique (70-80 Ma).

Le Tertiaire est bien développé dans le bassin du Tage, avec 1400 m de sédiments continentaux entrecoupés d'incursions marines. Pendant cette période le bassin lusitanien est plissé selon des anticlinaux N-S, accompagnés par le soulèvement du massif calcaire d'Estremadura et par l'activité des diapirs de sel. Les mouvements bétiques du Miocène supérieur se font sentir dans le Sud du bassin lusitanien, bien que la chaîne bétique (développée dans le SE de l'Espagne) ne soit pas représentée au Portugal.

C - Le bassin de l'Algarve

Il représente la marge nord de la Mésogée (ancienne Méditerranée), et la continuation de la zone Pré-bétique d'Espagne, avec une série mésozoïque disposée en monoclinal assez simple plongeant lentement vers le Sud.

On retrouve une série similaire à celle du bassin lusitanien, mais encore moins complète et plus calcaire dans l'ensemble.

Après les grès de Silves du Trias supérieur, viennent les évaporites puis les dolomies du Lias inférieur, les calcaires dolomitiques à silex du Lias moyen, puis les marnocalcaires du Lias supérieur.

Ces séries manquent dans le Nord du monoclinal, où le Dogger récifal est discordant sur le socle, tandis que dans le Sud le Dogger est pélagique avec des marnes calcaires à Ammonites.

Le Jurassique supérieur se limite à un golfe dans la région de Faro et Sagres : les faciès récifaux de l'Oxfordien-Kimméridgien donnent plusieurs roches ornementales intéressantes dans les environs de Faro. La mer se retire ensuite, pour ne revenir qu'avec la transgression de l'Aquitanien-Burdigalien.

3 - Les roches ornementales

A - Cambrien

   Le plus important centre de production du Portugal se trouve sur l'anticlinorium d'Estremoz-Borba-Vila Viçosa, dans la zone de l'Ossa Morena. C'est un anticlinal complexe de plus de 30 km de long sur 5 km de large, avec de nombreux replis secondaires et des pendages très accusés (40 à 70°). Il est recoupé par des failles transverses SW-NE à valeur de décrochements sénestres (accidents tardihercyniens), souvent injectés par des filons de diorites ou de quartz.

Au coeur de l'anticlinal principal se trouvent des schistes noirs précambriens (Xistos de Mares). Le Cambrien discordant débute souvent par un conglomérat grossier silicifié suivi de calcaires cristallins à grain fin, mais schistosés, qui passent vers le haut à des dolomies et calcaires dolomitiques, très épais mais sans intérêt ornemental (pedra cascalva).

Les marbres calcaires se trouvent au sommet de la série dolomitique, sous le Silurien ; leur grain est fin à moyen, ils sont classiquement attribués au Cambrien inférieur, bien que Gomes da Silva (1989) évoque un âge ordovicien.

Leur épaisseur n'a jamais été déterminée. Sur la carte de Gonçalves (reproduite en partie sur la fig. 9) ils apparaissent très discontinus ; ils peuvent être absents, par non-dépôt ou par discordance du Silurien, mais souvent ils sont masqués en surface par une dolomitisation secondaire, en provenance de la surface, qui les transforme en une dolomie à géodes, appelée olho de mocho (oeil de chouette). Comme il n'y a pas eu de campagne d'exploration accompagnée de forages carottés, il est impossible d'avancer un chiffre de réserves : on ignore si le marbre calcaire existe partout sous la dolomie secondaire, et l'épaisseur de cette dernière.

Au dessus des marbres vient le Silurien, avec des schistes à Graptolites, des radiolarites et des intercalations volcaniques.

Fig. 9 - Carte géologique d'une partie de l'anticlinal d'Estremoz


Fig. 10 - Coupe à travers l'anticlinal d'Estremoz : S = schistes siluriens à Graptolites, Sv = Silurien volcanique, Om = olho de mocho, Cm = marbres calcaires cambriens, Cd = pedra cascalva (Cambrien dolomitique), Pc = Précambrien

   Fig. 11 - Carrière en fosse à Estremoz


Fig. 12 - Machine de forage à Borba, extrayant des carottes de 35 cm de diamètre pour le passsage du fil hélicoïdal

Fig. 13 - Coupe au fil hélicoïdal à Viana do Alentejo ; noter le bac qui alimente en eau et sable la tranchée de sciage

Fig. 14 - Exemple de carrières anarchiques, Trigaxes

Les couleurs du marbre calcaire sont très variables selon les localités et les bancs : comme il n'est pas possible de rapporter ici les innombrables variétés commerciales décrites dans les catalogues, nous mentionnerons seulement qu'en gros les roses proviennent de Borba-Carrascal, les blancs rosés d'Estremoz et de Barro Branco-Vigaria, les gris et noirs du flanc SW de l'anticlinorium (Ruivina). Les variétés réellement blanches, de qualité sculpture, ne se trouvent qu'à Estremoz, en faible quantité.

La couleur rose est attribuée à de l'hématite, l'origine de la couleur noire n'est pas connue (graphite ou pyrite?). Les ramages de couleur verte de l'Estremoz crème proviennent de chlorite. Certaines variétés contiennent un peu de muscovite ou de quartz (10 % au maximum), parfois un peu de biotite ou de tourmaline : il est probable que la présence de quartz ou de tourmaline pose des problèmes de sciage. Le grade de métamorphisme se situe probablement dans les Schistes Verts, l'âge du métamorphisme serait anté-Dévonien supérieur.

Les carrières sont au nombre de 200 environ, la plupart ayant 10 à 15 m de profondeur, certaines atteignant plus de 50 m (photo 6) ; pratiquement toutes sont des fosses, les plus profondes sont desservies par des derricks. Le marbre est fortement karstifié en surface, avec des remplissages de terra rossa. L'un des problèmes majeurs paraît être l'exiguïté des concessions, et l'absence de coordination, qui compliquent l'exploitation et rendent aigu le problème des déblais. La commune la plus active sur le plan du nombre de carrières et de l'augmentation de la production est sans conteste Vila Viçosa, suivie de loin par Borba et enfin Estremoz.

Diverses propriétés physiques ont été mesurées par Gomes da Silva (1989), qui indiquent une bonne qualité de la roche : porosité inférieure à 0,8 % (le plus souvent de l'ordre de 0,2 %), perméabilité inférieure à 0,005 millidarcy, module d'élasticité 410 à 770 kB (bien supérieur à celui du béton), résistance au choc 36 à 39 cm (3,5 à 3,8 joules). Le coefficient de dilatation linéaire (An., 1983-1985) varie assez largement, de 7,3 à 16,4.10 -6/°C.

La région de l'Alentejo comporte d'autres occurrences moins importantes de marbres cambriens. toujours dans la zone de l'Ossa Morena :

- à Santiago do Escoural, la carrière produisant l'Escoural verde, marbre verdâtre à gros cristaux, a été arrêtée par suite d'une fracturation excessive,

- à Viana do Alentejo se trouvent 3 ou 4 petites carrières produisant un marbre vert, à rubanement vert sombre ou brunâtre, riche en divers minéraux, et provenant du métamorphisme de contact en bordure d'une intrusion basique (photo 8),

- au SE de Trigaches se trouve un groupe de carrières assez anarchiques (photo 9), exploitant un marbre gris à gros cristaux, avec des alternances très plissées de cristaux sombres et clairs,

- à Serpa, le marbre Ficalho est de couleur vert clair, à gros cristaux, avec d'intéressants ramages.

B - Ordovicien

Le marbre gris-blanc de Vimioso se trouvait au Nord de Sao Pedro da Silva, dans la zone centro-ibérique : il s'agit d'une lentille d'où quelques blocs ont été extraits il y a quelques années.

Dans la même zone, les schistes ardoisiers de Valongo à l'E de Porto sont extraits de carrières souterraines depuis 1865, quand des exploitants du Pays de Galles introduisirent la machine à vapeur pour actionner les treuils. Les chambres souterraines, longues et étroites, avaient un toit en voûte percé d'un puits par lequel passait le câble servant à remonter les blocs ; les saignées pour dégager les blocs étaient creusées à la broche et à la massette. Cette activité traditionnelle a subi une grave crise il y a une vingtaine d'années, mais il subsiste encore quelques exploitations traditionnelles. Une nouvelle entreprise exploite maintenant une carrière à ciel ouvert dans la zone des anciennes exploitations, tirant parti des piliers restant entre les anciennes chambres, à l'aide du câble diamanté et de haveuses.

Fig. 15 - Ardoisières de Valongo ; ouverture d'une carrière à ciel ouvert en vue d'exploiter les piliers restant entre d'anciennes chambres souterraines

Fig. 16 - Empreinte déformée de Trilobite dans les ardoises de Valongo

Cette ardoise est en effet d'excellente qualité (en particulier on notera une résistance à la flexion de 582 bars) et peut produire des dalles de grande taille : un vaste atelier vient d'être installé pour l'usinage d'ardoises de billards, de plans de travail, de marches d'escaliers... La photo 11 montre un Trilobite déformé provenant de Valongo ; un exemplaire beaucoup plus beau et de grande taille est exposé à l'Institut de Géologie de Lisbonne, il a été déterminé comme Asaphus glabratus var. gigantea.

Les schistes micacés verts de Barrancos, dans la zone de l'Ossa Morena à l'E de Bejà, sont constitués essentiellement de micas et de chlorite, ce qui leur confère une faible résistance à l'abrasion mais une excellente résistance au choc ; ils sont employés en dallage et en couverture.

C - Silurien

Dans la zone centro-ibérique se trouve la dolomie noire à filonets de calcite blanche de Castro Vicente, et dans celle de l'Ossa Morena les schistes micacés et Mourao.

D - Intrusions hercyniennes

Faute de datations absolues en nombre suffisant, il est difficile de classer par ordre chronologique les granitoïdes hercyniens du Portugal, nous les examinerons donc par ordre géographique, du Nord vers le Sud.

a - Zone centro-ibérique

Juste au Sud du Rio Minho, frontière avec l'Espagne, les granites de Monçao sont en fait exploités sur la commune de Valença, au dessus des villages de Boivao et de Taias : comme ceux de Porriño, ce sont des granites porphyriques roses, tarditectoniques. Les carrières sont implantées sur des dos de baleine ou sur d'énormes boules, l'une des entreprises dénomme ce granite rose saumon.

Le granite gris d'Afife est produit par une petite carrière sur le flanc de la Serra de Santa Luzia ; très fracturé et folié, il ne fournit pas de beaux blocs.

Le granite rose de Covide est une exploitation peu importante de boules. Dans la même région se trouvent des réserves intéressantes de granites rouges, elles sont malheureusement situées à l'intérieur d'un parc national.

Pedras Salgadas est un centre granitier assez important, avec de nombreuses carrières 4 km au NNW de la ville ; c'est un granite à grands feldspaths gris, exploité par flamme et explosifs. Outre des moellons et des pavés, de beaux blocs sont obtenus. Les exploitations, situées en flanc de colline, sont handicapées par le fort pendage des joints de relaxation, parallèles à la topographie.

Il n'y a plus de carrières à Guimaraes, la colline de Santa Catarina est maintenant zone protégée ; on produit cependant toujours un granite appelé cristal Guimaraes, mais il provient du plateau de Lapeia au dessus de Cabeceiras do Basto : en plus d'une carrière portugaise, un carrière espagnole vient de s'ouvrir (nul doute que le nom du granite va changer en passant la frontière).

D'autres carrières, que nous n'avons pas visitées, se trouvent dans les environs de Porto : gris clair de Maia, et gris d'Arouca (nommé abusivement Porto branco da Neve}. Par contre nous avons vu celles de Roriz au N de Paços de Ferreira, et celles d'Alpendorada au SW de Marco de Canavese, toutes produisent surtout des moellons et des pavés de granits gris.

Autour de Guarda se trouvent des exploitations de moindre importance de granites gris (Satao, Figueira, Pinhel) ou blancs (Alcains). Certains sont assez altérés, puisqu'ils montrent des porosités importantes : 2,21 % pour le Figueira amarelo, 2,24 % pour l'Alcains branco.

Plus au Sud, près de Portalegre, le granite gris à grain fin appelé Spi provient de deux carrières modernes prés d'Alpalhao : le massif est peu fracturé et produit de beaux blocs homogènes, vendus en Allemagne et au Japon. Comme souvent au Portugal, les blocs de rebut sont transformés en pavés par de nombreux artisans installés au voisinage des carrières.

Fig. 17 - Enorme boule de granite à Taias près de Monçao. La forme prismatique indique la direction des joints qui sont à l'origine de l'altération en boules

Fig. 18 - Conduite forcée en granite alimentant d'anciens moulins à eau à Boivao

   B - Zone de l'Ossa Morena

Le principal centre de production est le massif de Santa Eulalia : c'est une structure annulaire subvolcanique de 18 x 27 km, formée d'un noyau de granite gris, entouré d'une enveloppe de granite alcalin rose. Il s'y ajoute une enveloppe externe, présente seulement dans le N et dans l'E, comprenant des diorites et des gabbros.

Les granites gris du centre sont produits sous le nom de Santa Eulalia cinzente dans deux petites carrières. Les granites alcalins roses de la première enveloppe prennent le nom de Santa Eulalia rosa, Arronches rosa, et Forte (ou Monforte) rosa, dans plusieurs carrières assez importantes.

Les diorites gris sombre de l'enveloppe extérieure proviennent des communes d'Arronches et de Sao Vicente e Ventosa.

Quelques autres exploitations de roches granitiques sont réparties autour d'Evora. Le granite gris rose d'Arraiolos n'est plus exploité à Sabugueiro, il est remplacé par une autre carrière à Bardeiras. Des diorites grises sont produites à Senhora de Turega (Barrocal) et à Redondo : dans cette localité une carrière de taille moyenne, équipée de câble diamanté, extrait de beaux blocs de diorite, avec de nombreuses taches claires. Enfin à Sao Vicente de Pigeiro une petite carrière extrait à l'explosif une granodiorite gris sombre appelée Azulalia, en petits blocs qui demandent un important travail d'équarrissage.

E - Les Roches Vertes

Deux régions produisent des ophiolites ou roches affines, d'âge mal déterminé.

A la base de la klippe de Bragança, qui se rattache aux nappes de socle de Galice, la carrière de Donai exploite (non sans difficultés) de petites lentilles de serpentinite verte, écrasées entre des schistes.

Dans le complexe de Beja la carrière de gabbros d'Odivelas ne produit plus que des concassés, depuis des années. La carrière de Torrao, 5 km au N du village, fournit des blocs irréguliers (de l'ordre de 1 m3) de porphyre vert à phénocristaux blancs, avec de nombreuses taches rouges d'oxydation autour des fractures (Porfiro acido).

F - Calcaires du Dogger-Callovien

La région appelée Estremadura est un groupe de collines calcaires (Maciço Calcario Estremenho) situé entre Fatima et Rio Maior, qui sépare les dépressions du Tage et du Rio Mondego. L'ensemble des calcaires du Dogger-Callovien, épais de 910 m, forme des plateaux karstiques ondulés, ainsi qu'un anticlinal proéminent orienté SW-NE, la Serra dos Candeeiros (la montagne des lampes).

De nombreuses carrières, dont beaucoup situées assez étrangement à l'intérieur d'un parc naturel, exploitent les calcaires oolitiques du Bathonien et du Callovien, sous les noms bien connus de Moca crème, Vidraço, Semi-rijo, etc.

Dans le Bathonien, la formation de Valverde (360 m), comprend des calcaires principalement oolitiques, avec des intercalations variables de récifs (biostromes) et de calcaires microcristallins.

Dans le Callovien, la formation Moleanos (150 m) est constituée de calcaires bioclastiques à oolitiques, à intercalations récifales, en bancs de 2 à 4 m. Elle est surmontée en légère discordance par l'Oxfordien moyen-Kimméridgien. La sédimentation, très changeante, n'a pas fait l'objet d'études sédimentologiques.

Le Bathonien produit deux roches économiquement importantes, et deux qui le sont beaucoup moins.

Le Moca crème provient de Pe de Pedreira où une vingtaine de carrières sont installées sur un monoclinal à 10° de pendage ; c'est un calcaire bioclastique beige assez poreux (5,9 %).

Fig. 19 - Carrière de Moca Creme à Pe de Pedreira


Fig. 20 - Carrière de Vidraço à Molianos

Le Semi-rijo, exploité surtout près de Salgueiras, est un calcaire oolitique blanc à stratifications obliques, avec fragments de polypiers ; encore plus poreux (12 %), il absorbe passablement l'eau (5,12 % en poids), mais selon les essais effectués au Portugal il ne serait pas gélif.

Les carrières de l'Alpinina, située près des grottes d'Alvados. ont pour la plupart été abandonnées, à l'exception d'une seule : il s'agit d'un calcaire lithographique gris beige, à stylolites rouge-orangé et fentes de tension remplies de calcite blanche, en bancs verticaux.

Enfin la « brèche » de Sao Antonio, à Espinhero. est une dolomie grise à taches brun-rouge, très microfracturée et poreuse (33 %).

Le Callovien produit surtout le Vidraço, dans les localités de Molianos et Ataija, sur la retombée NW de la Serra de los Candeeiros. Les trois carrières de Molianos sont des fosses profondes, le pendage est de 15°, la karstification très forte à partir de la surface. La roche est une calcarénite brun clair à nombreux bioclastes, relativement poreuse (4,4 %).

A Ataija nous n'avons trouvé qu'une carrière active ; le calcaire est assez fin, de couleur gris bleu, avec de gros nodules algaires. Beaucoup moins poreux (0,96 %) que le vidraço de Molianos, celui d'Ataija est handicapé par de nombreux stylolites, des géodes et une couleur variable (patine gris beige sur la périphérie des blocs).

G - Jurassique supérieur de l'Algarve

Les calcaires du Kimméridgien (formation de Cabeça) sont exploités en deux localités de la région de Faro :

- au SE de Sao Bras de Alportel, trois carrières très actives extraient un calcaire récifal gris. avec quelques gros polypiers et des éléments bréchiques roses d'une dizaine de centimètres, c'est la Brecha perola. La surface est très karstifiée, les défauts sont des géodes non remplies.

- à l'W de Tavira, à Sao Esteban, deux petites carrières produisent un calcaire similaire, appelé Brecha acinzentada, de couleur plus claire, assez fracturé et karstifié, avec des stylolites et des géodes non remplies.

H - Le Cénomanien de Lisbonne

Les calcaires du Cénomanien supérieur ont servi à la construction de la Lisbonne classique, jusqu'aux redoutables pavés des rues en pente. Les carrières se situaient à Loures, Pero Pinhero, Montelavar et Terrugem ; seules subsistent celles de Lameiras (Terrugem), dont la production est peu exportée car elle sert surtout à la restauration du vieux Lisbonne.

Il s'agit d'une barre de calcaire jaunes avec de nombreux stylolites rose violacé ou jaunes, qui ont sans doute été à l'origine de la dénomination chaînette en portugais. Cette barre subhorizontale est épaisse d'une dizaine de mètres. La découverte récente de Praealveolina cretacea permet de l'attribuer au Cénomanien supérieur.

Les bancs sont dénommés de bas en haut Abancado, Chaînette, Saint Florient, Lioz à chaînette et Lioz. On y rencontre des accumulations de grands rudistes à canaux, qui produisent un bel effet, mais cette roche devient introuvable. Le déclin de ces carrières est sans doute lié à l'urbanisation galopante, mais aussi à la forte fracturation de cette roche très décorative.

I - La syénite néphélinique de Monchique

Le massif de Monchique forme des reliefs boisés culminant au Mont Foia à 901 m, dominant les plaines de l'Algarve occidental.

Il s'agit d'un corps intrusif de 15 x 6 km, mis en place à travers les schistes carbonifères de la zone sud-portugaise ; les datations absolues lui attribuent un âge de 67 à 71 Ma, c'est à dire Maestrichtien. Il serait contemporain, avec les autres intrusions subvolcaniques de Sintra et Sines, de l'ouverture du Golfe de Gascogne.

Le massif est essentiellement composé de foyaites (qui doivent leur nom au Mont Foia) et de pulaskites : ce sont des variétés de syénites néphéliniques, les foyaïtes étant plus riches en néphéline (20-30 %), les pulaskites faisant la transition avec les syénites alcalines pauvres en néphéline (moins de 10 %, comme la larvikite de Norvège).

La foyaïte est exploitée dans une grande carrière à Nave, 3 km au S de Monchique, et traitée dans une usine près de Portimao. Située en flanc de colline, la carrière (haute de 250 m) comporte de vagues gradins, la roche est extraite par tirs isolés d'explosif. La syénite forme des boules dans les 20 m de surface, plus en profondeur elle est massive.

Fig. 21 - La carrière de Nave, qui produit la syénite néphélinique de Monchique ; remarquer l'altération en boules sous la surface topographique, et les grandes masses découvertes au fond

La foyaïte est une roche gris-brun, à grands cristaux allongés de feldspaths (microcline perthitisé), avec des cristaux automorphes ou interstitiels de néphéline brunâtre (20 %) ; on signale en outre de la sodalite et de la hauyne (autres feldspathoïdes), de l'aegyrine, de l'augite, de la biotite et du sphène en pourcentages notables. La néphéline est réputée peu résistante à l'extérieur, car attaquée par les acides.

4 - Conclusions

Les carrières du Portugal sont très nombreuses, mais souvent de petite taille, ce qui tient apparemment à l'exiguïté des concessions et au manque de moyens des propriétaires. De ce fait elles doivent être approfondies en fosses dans les zones à forte concurrence, ce qui oblige à extraire les blocs et les déblais au moyen de derricks, forcément assez lents, et les gros engins ne peuvent accéder au fond.

Bien que le câble diamanté s'implante assez rapidement dans les carrières de calcaires et quelques carrières de granits, il existe encore des installations assez folkloriques de fil hélicoïdal comme dans les marbres de Viana, et de nombreuses exploitations par explosif : dans ce cas on pratique des tirs isolés, par exemple dans les granites en boules, plutôt que des rangées de trous et des tirs ménagés. La coupe à la flamme est peu pratiquée pour des raisons de coût du fuel.

La présence de gros chargeurs est rare dans les carrières. Le problème des rebuts est réglé par des décharges sauvages, ou plus rationnellement par la taille de moellons et de pavés dans les carrières de granites.

La fabrication de pavés est une activité importante dans le nord du pays. spécialement autour des centre de Braga, Pedras Salgadas, Marco de Canaveses. Les ouvriers s'installent près des carrières, ils taillent les blocs de rebut, généralement avec des moyens manuels, manquant de compresseurs et de cisailles hydrauliques, dont ils trouvent le coût trop élevé. Comme on me l'a expliqué à Roriz, ils travaillent aux pièces sur le granite qui leur est fourni par des groupes qui en assurent la commercialisation. Faute de palettes et d'élévateurs, les pavés gris sont chargés à la main dans des camions, déversés sur le quai du port, puis repris à la pelle mécanique pour le chargement des bateaux. Seuls les pavés rouges, dont les arêtes sont plus fragiles, sont palettisés.

L'industrie de transformation est développée dans le domaine des calcaires et marbres, avec fabrication de tranches, plaques et plaquettes. La plus grosse partie des granits est par contre expédiée sous forme de blocs, qui souvent prennent un nom différent en arrivant en Espagne ou en Italie ; la seule exception est la syénite de Monchique, qui est traitée en grande partie sur place.

L'industrie portugaise est avantagée, pour au moins une dizaine d'années encore m'a-t-on dit, par un coût de main d'oeuvre avantageux pour les entrepreneurs, et par le prélèvement fiscal le plus bas de la CEE (30,5 % du PNB, contre 44,7 % en France). Mais les entreprises manquent de capitaux, car le taux des emprunts locaux est égal ou supérieur à 20 %, et la Banque Centrale fait tout pour empêcher l'entrée de capitaux étrangers.

L'association à des capitaux étrangers est cependant souhaitable pour de nombreuses entreprises ; il est aussi possible aux compagnies étrangères d'ouvrir des carrières, comme l'ont fait quelques espagnols et français, à condition d'avoir des relations pour faciliter la marche des dossiers. De plus, l'aide de la CEE peut être obtenue pour un gros pourcentage des investissements.

Pour terminer, mentionnons que les services géologiques du Portugal ont fait un travail remarquable d'exploration des possibilités en roches ornementales, et surtout en faisant connaître les roches actuellement produites par le moyen de très bons catalogues, étayés par de nombreuses mesures physiques systématiques, dont les marbriers français pourraient s'inspirer. En outre des travaux intéressants ont été faits par le professeur Aires-Barros dans le domaine de l'altérabilité des roches.

        Références

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