1
- Historique
Pendant la
période préhistorique, qui a
débuté sans doute vers 6800 avant J.C. lorsque les glaces
ont commencé à
libérer les côtes et que des peuples chasseurs ont pu s'y
installer, les
surfaces de roches dures polies par les glaciers sont couvertes de
gravures,
dont on a trouvé un grand nombre d'exemplaires, jusque dans les
parties les
plus septentrionales : on en a dénombré plus de 2000 dans
les environs d'Alta,
qui en font le plus important champ de gravures préhistoriques
d'Europe.

Fig.
1 - Le Geiranger fjord, exemple de vallée glaciaire sinueuse,
creusée dans les gneiss de la fenêtre de Nordfjord

Fig. 2 - Gravure rupestre de
Böla (Nord Trondelag) : le renne est gravé sur une surface
rocheuse striée par les glaciers
La
préhistoire a duré en Norvège jusqu'à
l'apparition de l'écriture, sous la forme des caractères
runiques : on connaît
environ 350 exemplaires de pierres runiques dans le pays, pour la
plupart
postérieurs à l'an mille. Les premiers textes
écrits sur parchemin datent du
XIIIe siècle.
Les vikings
se font connaître dans le
monde chrétien par leurs dévastations, commencées
dans le nord de l'Ecosse dès
le début du huitième siècle ;
le
massacre de l'abbaye de Lindisfarne en 793 stupéfie
l'Angleterre. Ils découvrent
le Vinland (sans doute Terre-neuve) aux alentours de l'an mille, puis
sont
convertis au christianisme par les efforts d'Olav Triggvason, qui
construit en
bois la première église de Trondheim (alors
appelée Nidaros) en 997, puis par
ceux de son descendant Olav Haraldson, appelé par la suite Saint
Olav.
Les
premières églises en pierre (marbres
et granites) datent du XI au XIIIe siècle, comme la remarquable
cathédrale
gothique de Trondheim, dont la construction fait appel aux granites
locaux, aux
marbres de Bjornor et aux serpentinites de Sparbu.
Mais l'emploi
de la pierre dans les
édifices religieux cesse alors, sans qu'on en connaisse la
raison ; les
norvégiens continuent à construire les fameuses
églises de bois, les stavkirker, dont une
trentaine ont survécu.

Fig.
3 - Cathédrale gothique de Trondheim, construite du XI au XIIIe
siècle avec des granites, stéatites et marbres locaux

Fig. 4 - Eglise de bois (stavkirke)
de Lom (Opland), datant de la fin du XIIe siècle
Ce n'est
qu'au XVIIIe siècle que l'on
assiste à une reprise de l'exploitation des carrières :
au Sud de Bergen des
carrières de marbres sont ouvertes, surtout à Lier, qui
comptait une centaine
d'ouvriers. Les blocs extraits servent en particulier à la
construction des
églises de Copenhague entre 1750 et 1772, sous l'impulsion du
roi Frédéric V
(la Norvège est restée en effet une possession danoise de
1523 à 1814). Ce roi,
ayant visité la carrière de Lier en 1749, décide
d'envoyer des prospecteurs dans
le Nord à la recherche de nouveaux marbres, car ceux de la
province de Bergen
présentent des défauts. Effectivement, un certain Theodor
Ziegler découvre
alors les marbres de Fauske, au delà
du cercle polaire.
Mais ce n'est
qu'à la fin du XIXe siècle
que des carrières sont ouvertes
dans la
région de Fauske par la compagnie Anker : le travail,
initialement entièrement
manuel, est facilité ensuite par la construction en 1895 d'une
voie ferrée à
traction hippique de quatre kilomètres de long jusqu'au port,
l'installation
d'une grue à vapeur sur le quai et de l'éclairage
électrique dans les carrières
(1896), l'importation d'une scie à câble de fabrication
belge, la construction
d'une usine de transformation. En 1896 l'ensemble occupe 220 personnes,
et la production
atteint 2167 m3.
La compagnie
Anker ouvre aussi d'autres
exploitations dans le Nordland. Une compagnie anglaise s'installe
à Egge dans
le Velfjord, mais son existence est éphémère.
Les schistes
ardoisiers et quartzites sont
exploités sans doute de longue date pour les besoins locaux dans
la Gubrandsdal
(Otta) et à Oppdal, le long de l'itinéraire principal
joignant Oslo à
Trondheim, qui emprunte une vallée traversant toute la
chaîne montagneuse.
L'exportation de ces produits est plus récente, de même
que celle des
quartzites d'Alta, non loin du Cap Nord : la Norvège est
finalement devenue un
important producteur de quartzites. Dans les années 70
l'exportation atteignait
45000 à 60000 tonnes par an, elle a décru pendant les
années 80, atteignant
cependant 28906 t en 1989 (fig. 5).
Mais la
principale exportation de roches
ornementales de Norvège est celle de la célèbre larvikite ou "labrador" de Larvik, une monzonite à
reflets bleus, connue sur les marchés européens depuis
une centaine d'années.

Fig.
5 - Exportations de roches ornementales
Sur une
production totale de 151000 t en
1987 (non compris les schistes et quartzites) 104000 tonnes ont
été exportées
sous forme de blocs, qui se répartissaient comme suit :
-
larvikite 94 %
-
marbres 5 %
-
granites 1 %.
2
- Aperçu géologique (fig. 6)
A - Le Précambrien

Fig.
6 - Schéma géologique

Fig. 7 - Situation des
carrières
a - Sud-ouest
de la Norvège
Le socle
précambrien du bouclier baltique
affleure largement dans le Sud de la Norvège, il résulte
surtout des orogenèses
les plus récentes du Protérozoïque, appelées
svéco-norvégiennes (1200-1000 Ma).
Cependant
à l'Est du graben d'Oslo, se
retrouvent des zones de précambrien plus ancien (zone
svéco-fennienne), avec
les granites du Värmland, dans lesquels est produit le granite
Tricolor de
Trysil, les porphyres d'Alvdalen et les grès de Dala, qui
s'étendent surtout en
Suède. Les gabbros de la région de Flisa sont sans doute
l'équivalent des
filons de dolérite du Sud de la Suède (Noir
suédois).
Dans la zone
des gneiss du SW, la
dernière intrusion granitique, de type post-tectonique, est
celle du massif
granitique de Bohus (900 Ma) à la frontière
suédoise : ce granite est encore
exploité à échelle réduite dans
l'Iddefjord.
A l'Ouest du
graben d'Oslo la zone des
gneiss du SW s'étend largement, jusqu'à Stavanger ; son
histoire, encore
incertaine, est le résultat de plusieurs orogenèses
protérozoïques. Nous ne
ferons que mentionner les intrusions les plus remarquables dans la
série des
gneiss :
- les
anorthosites d'Egersund (1050 Ma),
à gros cristaux de plagioclases, elles sont entourées
d'un anneau de norite,
-
les charnockites de Farsund (910 Ma),
- les
carbonatites de Fen, datant de la
fin du Précambrien, qui forment une intrusion complexe
comprenant des syénites,
des kimberlites, etc. et surtout des carbonates ressemblant à
des marbres
blancs (sövite) ou rouges (rödberg), mais qui sont d'origine
éruptive : Wyllie
et Tuttle (1960) ont montré que la calcite pouvait se trouver
à l'état liquide
à partir de 740° sous pression. Le métamorphisme de
contact entre les
intrusions et les gneiss encaissants a produit une auréole de
fénite, syénite
alcaline typique de ce genre de contact (phénomène
appelé fénisisation),
- les dykes
de dolérite d'âge permien et
les mines d'argent natif du Kongsberg (fermées depuis 1957),
- les
lentilles de granites orbiculaires de
Bamble.
Bien que
très intéressantes pour le
géologue, toutes ces roches n'ont pas encore trouvé
d'applications marbrières.
b - Gneiss de la côte entre Bergen et
Namsos
Ce vaste
massif ancien se trouve au NW
des affleurements de la chaîne calédonienne ; il est
formé surtout de gneiss,
datés pour la plupart de 1700 Ma, et contiennent des lentilles
d'éclogites et
de dunites (exploitées comme sables réfractaires) ; ils
ont subi une phase
tectonique vers 1000 Ma, et souvent un métamorphisme
cambro-silurien. Il s'agit
donc de Précambrien repris par l'orogénèse
calédonienne. Le grand problème pour
les géologues est de savoir s'ils représentent un socle
calédonien, c'est à
dire s'ils ont été charriés vers le SE comme toute
la chaîne, ou s'il s'agit
d'une gigantesque fenêtre tectonique, sur laquelle les nappes
calédoniennes
n'auraient fait que transiter. Les partisans de cette dernière
hypothèse
appellent ce massif "fenêtre de Nordfjord".
c -
Fenêtres de la chaîne calédonienne
La carte
géologique de la figure 6 montre
de nombreuses fenêtres tectoniques de socle précambrien
sous les nappes
calédoniennes, depuis la nappe des sparagmites jusqu'à
Hammerfest.
Selon
l'interprétation de Gaal et
Gorbatschev (1987, fig. 1) les fenêtres occidentales, depuis la
zone des
sparagmites jusqu'aux archipels en face de Trömsö, sont
rattachées à la
ceinture trans-scandinave, formée de granites rapakivis, bien
connus en Suède
méridionale où ils représentent les plutons
post-tectoniques de l'orogénèse
svéco-fennienne. Ces granites sont datés de 1740 à
1500 Ma, et produisent en
Suède les granites rouges de Tranås, Gottenrot,
Vånga, et le Mahogany de
Västervik.
Toujours dans
cette interprétation, les
fenêtres orientales (région de Hammerfest) se trouveraient
dans le prolongement
de la zone carélienne, beaucoup plus ancienne.
B
- La chaîne calédonienne
La
chaîne calédonienne s'étend sur toute
la longueur de la Norvège (1800 km), depuis Bergen jusqu'au Cap
Nord. Elle
forme des reliefs importants (2470 m à Jotun dans le Sud), qui
datent en fait
du Tertiaire, car les reliefs calédoniens ont été
complètement arasés à partir
du Dévonien.
La
chaîne est formée de nappes comprenant
du Précambrien et des formations du Paléozoïque
inférieur, déversées vers le SE
sur le bouclier Baltique. Sa zone axiale se trouve vraisemblablement
sous la
Mer de Norvège, car en Ecosse on retrouve l'autre partie de la
chaîne
calédonienne, déversée vers le NW. Son nom vient
du latin Caledonia, qui signifie Ecosse. Cette
chaîne s'étendait même dans
les Appalaches, qui se trouvaient non loin de là avant
l'ouverture de
l'Atlantique Nord.
L'ouverture
d'un océan calédonien
commence à se manifester au Précambrien terminal, avec la
formation de bassins
sédimentaires (appelés Vendiens) où s'accumulaient
de très épaisses séries
détritiques : deux de ces bassins sont très connus, celui
de la nappe des sparagmites en Norvège centrale
et celui
des grès du Finnmark tout à fait au NE.
Le Cambrien
des nappes externes (au SE) est marin et transgressif
sur les dépôts
vendiens ou sur le socle Baltique : peu épais (100-300 m), il
comprend des grès
de base puis des argiles uranifères, les alum
shales. Au dessus l'Ordovicien (500-700 m) débute par des
calcaires, mais
comporte surtout des argiles. De même le Silurien
inférieur comprend des
calcaires, parfois récifaux, puis des argiles ; au Silurien
supérieur (500 à
1200 m) se déposent des sables deltaïques, provenant du NW,
c'est à dire des
zones internes qui étaient déjà en voie
d'érosion.
Les nappes
internes, qui sont superposées aux précédentes
et métamorphisées dans le
grade des Schistes Verts, incluent du socle, des sédiments
cambriens à
Siluriens, mais aussi des ensembles ophiolitiques. L'analyse de ces
zones
internes montre que l'ouverture océanique s'est produite au
cours du Cambrien,
qui montre des faciès marins profonds. Un océan, de
largeur inconnue, s'est
alors ouvert entre l'Ecosse et le bouclier Baltique ; dès
l'Ordovicien il se
refermait, et le socle océanique venait chevaucher la marge
norvégienne,
mettant en place les nappes ophiolitiques dans les zones internes. Deux
groupes
d'ophiolites ont été distingués par Pedersen et
Furnes (1991) : le premier est
attribué à l'Ordovicien inférieur (500 à
430 Ma), le second, qui s'accompagne
de mélanges ophiolitiques, date de l'Ordovicien supérieur
(443 Ma). Ces
ophiolites se rencontrent surtout dans les nappes calédoniennes
supérieures,
mais il s'en trouve aussi qui reposent sur les socles anciens de
l'Ouest
(Karmoy, Leka).
Dans ces
zones internes, des intrusions
alcalines ont débuté dès l'Ordovicien
inférieur. La collision continentale, qui
a produit l'empilement actuel de nappes, s'est produite au Silurien
supérieur.
Au cours du
Dévonien la chaîne
calédonienne commence à être
démembrée par l'érosion ; lors d'une phase
d'extension datée du Dévonien inférieur et moyen
par des fossiles de plantes et
de poissons, se forment des fossés profonds dans lesquels
s'accumulent les
dépôts fluvio-lacustres très épais de l'Old
Red Sandstone.
C
- Le graben permien d'Oslo (fig. 8)
Long de 215
km, et large de 65 km au Sud,
le graben d'Oslo se réduit en pointe vers le Nord, disparaissant
pratiquement à
la limite frontale de la chaîne calédonienne. Vers le Sud
il s'ouvre plus
largement en mer sous le Skagerrak, et vient intersecter presque
à angle droit la
bassin permien de l'Europe du Nord, qui s'étend de la Pologne au
SW de la
Norvège ; cette jonction constitue un point triple.

Fig.
8 - Schéma géologique du graben d'Oslo
Le graben
d'Oslo est célèbre dans la
littérature géologique depuis le début du XIXe
siècle, par ses importantes
intrusions et extrusions alcalines (de nombreux types de roches
cristallines
ont été baptisées ici), la formation d'une
douzaine de vastes caldeiras
associées au volcanisme, et la présence de monzonites
à reflets bleus, les
fameuses larvikites (à cette époque on les appelait
laurvikites, ou syénites à
augite).
Sa structure
est assez complexe et a été
oblitérée en partie par le plutonisme. Il comporte
plusieurs segments disposés
en zigzag. Le plus septentrional apparaît comme un demi-graben
dont la faille
majeure est située à l'Ouest; le compartiment de Larvik
au Sud a une
disposition inverse, avec la faille majeure à l'Est. Cependant
l'extension
pendant le Permien s'est bien faite selon une direction E-W ; le graben
s'élargit du Nord au Sud, mais la croûte continentale ne
s'est jamais séparée
complètement pour laisser place à un océan : c'est
un rift avorté.
Vu
l'importance commerciale de la
larvikite pour la Norvège (aucune exploitation ne lui fait
actuellement
concurrence dans le monde), nous résumerons brièvement
ici son histoire,
d'après Dons et Larsen (1978).
Le
Paléozoïque commence par des dépôts
marins fossilifères (1000 m d'argiles et calcaires du Cambrien
au Silurien),
puis 1250 m de grès rouges molassiques de type Old Red
Sandstone. Le
Carbonifère est absent, la formation du graben s'amorce par le
dépôt de minces
dépôts d'eau douce, datés du Permien
inférieur par des fossiles de plantes et
de poissons ; le climat était alors désertique.
Immédiatement
après apparaissent les
premières coulées volcaniques, qui s'empilent pendant le
Permien sur plusieurs
milliers de mètres, avec quelques intercalations de
sédiments continentaux.
Les stades
successifs du volcanisme et du
magmatisme ont été reconstitués de la
manière suivante :
- le premier
stade est représenté par les
basaltes de Skien, qui s'empilent sur 2000 m dans le Sud : ils
résultent sans
doute d'un volcanisme fissural.
- vient
ensuite un volcanisme plus acide,
avec prédominance de trachytes (équivalent volcanique de
syénites), toujours de
type fissural, qui accumule 3000 m de coulées dans la
région de Vestfold. En
particulier les porphyres rhombiques
sont des laves trachytiques à gros cristaux de feldspaths de
section
losangique. C'est la période la plus active de la formation du
graben. En même
temps se met en place le grand pluton granitique de Drammen (granite
à deux
micas, daté de 284 Ma).
- le
volcanisme change alors de type, des
cônes volcaniques apparaissent, produisant des basaltes ou des
trachytes, en
même temps que se forment des caldeiras
: ce sont des effondrements circulaires d'une dizaine de
kilomètres de
diamètre, dont on connaît 12 exemples dans le graben
d'Oslo. On considère
qu'elles résultent de l'effondrement du plafond de chambres
magmatiques au fur
et à mesure que les produits volcaniques s'échappaient ;
dans ces dépressions
s'accumulaient des dépôts volcaniques très
épais (1000 à 2000 m). Le volcanisme
explosif a aussi laissé des brèches d'explosion dans la
région d'Oslo, elles
sont associées à des necks de gabbros
néphéliniques (essexites), que l'on
interprète comme des chambres magmatiques situées sous
les anciens volcans : on
y note en effet des litages magmatiques, résultant d'une
sédimentation des
cristaux.
- finalement
se mettent en place trois
vastes batholites syénitiques à monzonitiques. Nous
décrirons plus
particulièrement le plus méridional, celui de Larvik.
Le batholite
de Larvik couvre une surface de plus de 1000 km2 ; il est
composé de monzonites, c'est à
dire de roches grenues pauvres ou dépourvues de quartz,
comportant entre 35 et
65 % de plagioclases (sauf albite), intermédiaires entre les
syénites et les
diorites ; certaines contiennent un peu de quartz, d'autres un peu de
feldspathoïdes (néphéline).
Les
feldspaths sont de type oligoclase, ils sont de grande
taille,
en forme de losanges ou de bateaux et montrent dans certaines parties
du massif
des reflets internes bleus : c'est le phénomène de
"labradorescence"
ou effet Schiller, que des études au microscope
électronique expliquent par
l'existence de lamelles parallèles de composition
différente (cryptoperthites).
En effet les feldspaths alcalins forment une série continue
entre le pôle
sodique (albite) et le pôle calcique (anorthite), mais ceci
seulement à haute
température (plus de 625°C). Au cours du refroidissement la
solution solide
devient instable, il se produit une séparation entre albite et
anorthite, qui
cristallisent en lamelles parallèles ; quand ces lamelles sont
très fines, et
c'est le cas de la larvikite, elles diffractent la lumière.
Toutefois la
labradorescence ne se produit pas avec la même intensité
dans tout le massif de
larvikite, les carrières sont implantées aux endroits les
plus favorables.
Les autres
constituants minéraux sont des
micas (biotite) et des pyroxènes (augite).
On
considère actuellement que les magmas
du graben d'Oslo proviennent de basaltes du manteau supérieur,
qui seraient
remontés à relativement faible profondeur lors de
l'extension du graben, par un
phénomène de diapirisme du manteau ; les basaltes
initiaux se seraient ensuite
différenciés en magmas granitiques, syénitiques et
monzonitiques pour produire
la grande variété de roches intrusives qu'on y rencontre.
Ils auraient
cristallisé à des profondeurs assez faibles, en
conditions anhydres.
D'autre part
certains admettent que les
trachytes appelés porphyres rhombiques sont l'équivalent
volcanique des
larvikites, un passage entre ces roches ayant été
observé.
Pendant le
Trias, le Jurassique et le
Crétacé, la Norvège reste émergée,
on trouve un seul petit affleurement
jurassique sur l'île d'Andøya dans l'archipel des
Vesteralen, unique indication
à terre du grand bassin présent sous la Mer de
Norvège. Au cours du Tertiaire,
l'emplacement de la chaîne calédonienne, qui avait
été complètement arasée
auparavant par l'érosion, continue à se soulever en bloc,
le long de grandes
failles longeant la côte. Ceci explique les reliefs abrupts de la
côte de la
mer de Norvège, tandis que vers l'Est les montagnes se
raccordent
progressivement à la pénéplaine du bouclier
baltique.
Les
glaciations quaternaires, entre 75000
et 10000 ans avant l'époque actuelle, recouvrent l'ensemble du
bouclier
baltique et de l'ex-chaîne calédonienne. Les
vallées du rebord atlantique sont
profondément recreusées par les glaciers, formant les
fjords, leurs moraines
frontales ont été localisées en mer assez loin des
côtes actuelles.
La fusion des
glaces s'est achevée il y a
seulement 8800 ans environ. Libéré de la charge de
plusieurs milliers de mètres
de glace, le continent s'est soulevé pour rétablir
l'équilibre isostatique, tout
comme un bateau s'élève quand on ôte sa cargaison ;
sur la côte le soulèvement
a été compensé en partie par une remontée
du niveau marin, consécutive à la
fusion des glaces : finalement on retrouve des niveaux marins
quaternaires à
des altitudes dépassant parfois 200 m.
3
- Les principales roches ornementales
A
- Bouclier Baltique
La
région de Flisa dans la province du
Hedmark, produit depuis peu de temps deux granito-gneiss très
orientés, le Gneiss Royal et le Saga
red.
Dans les
gneiss de Solor se trouvent de
nombreux corps intrusifs de gabbros noirs appelés Hyperite,
Norwegian black, ou encore New black ; ils sont datés de
1600 à 1650 Ma, et seraient donc à peu près
contemporains des grands filons de
dolérite du Sud de la Suède (granit Noir Suédois),
intrudés parallèlement à une
dislocation majeure de la croûte, la zone de la protogine. La
résistance à la
compression de l'Hypérite est très élevée
(1700 à 3176 bars), sa densité
dépasse 3.
Le long de
l'étroit Iddefjord, qui forme frontière
avec la Suède, le massif de Bohus
est exploité par une petite carrière au Sud de Halden :
elle fournit un granite
gris clair assez commun, mais cette région est remarquable par
le faible degré
de fracturation. On a pu ainsi extraire des carrières de
l'Iddefjord des
monolithes de 8 à 18 m de long ; ce granite a été
employé par le célèbre
peintre et sculpteur norvégien Edvard Munch (1863-1944) pour ses
oeuvres
monumentales exposées dans le parc Frogner à Oslo, dont
un monolithe de 18 m
pesant 240 tonnes à l'origine.

Fig.
9 - Le granite de Iddefjord a fourni la matière des oeuvres du
sculpteur Munsch, parc Froegner à Oslo
A l'Ouest du
Graben d'Oslo des granites
étaient produits à Porsgrunn (gris) et Grimstad (rouge),
ces carrières ne
paraissent plus actives.
Il en est de
même pour les carrières de
calcaires siluriens et ordoviciens du graben d'Oslo, qui produisaient
un calcaire
gris à Brachiopodes et grands polypiers (calcaire de Hove) :
nous n'avons
trouvé dans la région de Hove, au Sud de Porsgrunn, que
des carrières de
cimenteries, et l'on nous a confirmé à Larvik
l'arrêt de leur activité.
B
- Chaîne calédonienne
Le socle
précambrien ancien des Lofoten
fournit la migmatite appelée rose de
Nordland, qui provient de l'île de Steigen, c'est le seul
point où le socle
ancien de la chaîne est exploité à notre
connaissance.
Le
Précambrien supérieur comporte d'épais
dépôts détritiques marins, qui ont
été faiblement métamorphisés et
déplacés
vers le SE par les chevauchements siluriens. Ils sont largement
affleurants
dans deux régions, le Finnmark au Nord et la zone de la
"sparagmite"
en Norvège centrale.
Les
quartzites d'Alta font partie de la série des
grès du Finnmark ; ils sont
intensivement exploités entre Tromso et Hammerfest, à une
latitude voisine de
70°N, à un rythme de 300000 m2/an
: ce sont des quartzites micacés, contenant 80 à 90 % de
quartz en grains fins,
8 à 17 % de micas (muscovite séricitisée), un peu
de minéraux verts comme
l'épidote et la chlorite, parfois du grenat, etc. L'abondance de
micas disposés
en feuillets parallèles les prédispose à un
clivage facile ; la faible valeur
du pendage et de la fracturation permet l'extraction de dalles de belle
taille.
Les principales exploitations, qui appartiennent à deux
compagnies, se situent
à une dizaine de kilomètres au SE de la ville d'Alta ;
mais il en existe
d'autres, à Kvaenangen, à Sorkjosen et Steinsvik, et
jusque dans l'île de
Loppa, toujours dans la même série des grès du
Finnmark.
Oppdal,
au SW de Trondheim, est aussi un important centre de production de
quartzites
verts (160000 m2/an),
dont la moitié est fournie par Oppdal Skiffer ; les
carrières se trouvent 18 km
en aval de la ville, de part et d'autre de la vallée, avec une
schistosité
plongeant de 10 à 30°. Cette roche comprend jusqu'à
85 % de quartz, des micas
(biotite et muscovite) et de faibles teneurs (3 %) en minéraux
divers, comme la
calcite, les feldspaths, les amphiboles, les grenats... Elle se
rattache aux
nappes de Trondheim. La résistance à la flexion (252
à 470 bars), dépasse celle
des quartzites d'Alta, qui leur sont plus ou moins contemporains.
Dans la
région de la nappe de la
sparagmite, une exploitation artisanale produit à Fåvang
des ardoises gris-bleu, sériciteuses, à partir de la
formation Biri, partie du groupe de la Sparagmite (Précambrien
supérieur) dont
l'épaisseur dépasse 1500 m.

Fig.
10 - Carrière de quartzites d'Alta

Fig. 11 - Exploitation des quartzites
d'Oppdal en 1935

Fig. 12 - L'une des carrières
de quartzites d'Oppdal, exploitée par explosif et clivage

Fig. 13 - Clivage manuel de grandes
dalles à Oppdal
Les marbres
de Fauske (Nordland) appartiennent probablement aussi au
Précambrien, bien
que leur position stratigraphique ne soit pas encore très
claire. Comme indiqué
plus haut, ils ont été découverts au XVIIIe
siècle, mais mis en production et
exportés il y a une centaine d'années, ils étaient
connus sur le marché
français au début du siècle : Darras mentionne en
1929 le vert Antique Foncé de
Norvège, et le jaune citron de Furuli. Aujourd'hui encore
l'exploitation se
poursuit activement ; on connaît surtout le marbre appelé
Rose de Norvège, qui
est un conglomérat déformé à galets blancs
dans un ciment rose en gros
cristaux. La série des marbres, épaisse de plus de 1000
m, est intercalée dans
des micaschistes, et surmontée de conglomérats : il
s'agirait d'une série
inverse (Strand et Kulling, 1972). Elle comporte, outre les
conglomérats, des
marbres dolomitiques blancs, puis des marbres calcaires gris à
noir, jaune
citron, rose ou orangé. La série fait partie de la nappe
de Rodingfjall, l'un
des éléments tectoniques majeurs des calédonides
internes du Nordland. Elle a
subi deux phases tectoniques : la première, la plus intense, a
produit des plis
isoclinaux et chevauchants de direction E-W : ce serait peut-être
l'orogénèse
svéco-norvégienne (1030 Ma). La seconde, qui a
replissé l'ensemble en plis plus
calmes dirigés N-S, correspondrait à
l'orogénèse calédonienne.
D'autres
localités du Nordland produisent
ou ont produit aussi des marbres, sans doute précambriens
également : dans le
fjord d'Ofoten où les marbres (qui ne sont plus
exploités) se trouvent au
dessus des conglomérats, dans le Sud de la province près
de Egge (marbre blanc à gros cristaux), et
Terrak près de Bindal (variétés appeléesTundra
et Sandra, avec lamines
contournées qui pourraient être
d'anciens stromatolites).

Fig.
14 - Le rose de Norvège, l'un des marbres de Fauske

Fig. 15 - Marbre Tundra, provenant
de la région de Bindal
Dans le
Cambro-Silurien de Norvège centrale,
le long de la Gubrandsdal (vallée de la rivière Losna),
les nappes de
Trondheim, qui reposent sur les sparagmites, produisent dans les
environs d'Otta des schistes ardoisiers, des
quartzites et de la stéatite, dans des niveaux
métamorphiques dont l'âge n'est
pas très bien précisé.
Sur les
hauteurs dominant Otta, les
carrières de Pillarguri et de Dahle
fournissent des ardoises gris
noir lustrées, avec des cristaux prismatiques noirs
d'amphiboles, tout à fait
caractéristiques, répartis sur les plans de
schistosité. Les pendages de la
schistosité varient selon les carrières de 35 à
70°; la profondeur de
l'altération et la qualité des produits sont
inégales. L'une des carrières a
commencé à employer le câble diamanté pour
le découpage en carrière.
Les
quartzites micacés de Snåsa, sont extrait
à mi-pente d'une
colline dominant le lac Snåsavatnet, 120 km au NE de Trondheim,
dans une série
métamorphique d'âge indéterminé, pouvant
appartenir au Précambrien de la
fenêtre de Tomerås (ils ressemblent effectivement aux
quartzites d'Alta et
d'Oppdal) ou à la base des nappes de Trondheim : des blocs sont
extraits à la
poudre noire pendant la belle saison, et clivés en atelier, en
dalles pouvant
atteindre un mètre carré. Le débitage est fait
à la scie diamantée, ou
manuellement pour les travaux rustique et la restauration de
constructions
anciennes : on trace une rainure à la pointe au carbure sur
chaque face, la
plaque est alors cassée soit par un coup porté par un
ciseau sur une des
rainures, soit en forçant un coin sous une règle (fig.
16).

Fig. 16 -
Méthodes de
débitage manuel des quartzites à Snasa

Fig. 17 - Carrière de
stéatite de Sel ; le front, taillé à la haveuse,
montre des replissements
Au dessus de Sel, non loin d'Otta, se trouve une carrière de
stéatite grise,
emplacée dans un niveau serpentineux au dessus d'une masse de
roches vertes
incluse dans les micaschistes cambro-ordoviciens. Elle est
exploitée par une
haveuse, et produit des blocs destinés à la construction
de petits objets et de
cheminées, la stéatite résistant aux hautes
températures. C'est apparemment la
seule extraction actuellement active de stéatite en
Norvège, alors que la
Finlande montre beaucoup plus d'activité en ce domaine.
La
carrière de serpentinite de Lilleberg,
où s'extrayait autrefois de
la stéatite, se trouve sur la commune de Sparbu, dans une petite
lentille
appartenant sans doute aux ophiolites calédoniennes, reprises
dans les nappes
de Trondheim. Cette roche est une brèche vert sombre à
éléments anguleux, et
petites fractures remplies de calcite blanche ; très
fracturée en carrière,
elle est débitée sur place par une usine dont la
capacité est prévue pour
doubler et atteindre 15000 m2/an.
Une autre
petite lentille ophiolitique
est exploitée artisanalement à Vistdal
; il s'agit d'un gabbro vert sombre (ou d'une péridotite selon
F. Müller). Sa
situation tectonique, en série pincée dans les gneiss
précambriens du
Nordfjord, n'est pas claire (ophiolite calédonienne, ou plus
ancienne ?).

Fig.
18 - Carrière de gabbro vert sombre de Vistdal

Fig. 19 - Petit filon de trondhjémite près du barrage de Bustaden (Sor Trondelag)
L'ensemble
des nappes de Trondheim est
intrudé par de nombreux petits corps ou filons de granites
blancs, appelés trondhjémites. Des
carrières se
trouvent à Tolga, Follstad et près du barrage de
Bustaden, dont les
enrochements sont faits de ce granite blanc. L'âge des intrusions
s'étale sur
l'Ordovicien et le Silurien.
C
- Graben d'Oslo (fig. 20)

Fig. 20 - Les complexes annulaires de Larvik (d'après Petersen, 1978)
Ayant
indiqué précédemment les grandes
lignes de l'histoire permienne du graben d'Oslo, nous donnerons
quelques
compléments sur la structure du massif de larvikite
de Larvik. L'examen des affleurements, et l'étude des photos
aériennes et des
cartes aéromagnétiques ont bien montré que les
intrusions de la région de
Larvik sont constituées par un emboîtement de complexes
annulaires, dont les centres se déplacent avec le temps,
en même temps que la composition varie.
Les
premières intrusions, près de
Tønsberg au NE, sont des larvikites contenant du quartz (et
appelées
tonsbergites ou larvikites rouges) ; leurs feldspaths sont de couleur
brune
avec une enveloppe rose. Cette roche a jadis été
exploitée dans les îles
Bolaerne.
Les huit arcs
suivants, dont les centres
se décalent vers le SW, sont constituée de larvikites
vraies, sans quartz :
leur composition, qui les faisait considérer autrefois comme des
syénites,
conduit plutôt actuellement à les ranger dans les monzonites. Outre l'oligoclase, la biotite et l'augite,
certaines
larvikites comprennent en outre un peu de néphéline, et
un peu d'olivine,
surtout à Tvedalen.
Les deux
dernières intrusions, déplacées
vers le Nord de Larvik, contiennent une quantité accrue de
néphéline (10 à 40
%), parfois même de la sodalite bleue ou de l'olivine ; elles
sont appelées
localement lardalites, et se classent parmi les foyaïtes.
Il y a donc
une évolution évidente de la
composition minéralogique, depuis les magmas saturés en
silice de Tønsberg,
jusqu'aux roches fortement sous-saturées de la lardalite.
Un dernier
système intrusif, formé de
syénites, recoupe à l'emporte-pièce le
précédent système de complexes
annulaires.
La larvikite
proprement dite est
exploitée par les carrières de Tvedalen
à l'Ouest de Larvik, et par celles de Tjölling
à l'Est de la ville. Les premières fournissent des
variétés claires (Labrador
clair, Blue Pearl) et contiennent de la néphéline ; les
secondes produisent des
variétés sombres (Labrador vert), mais aussi une
variété claire (Marina Pearl)
qui a été découverte en profondeur, sous une roche
sombre.
Les
variétés les plus recherchées sont
celles comportant la plus grande proportion de feldspaths bleus
chatoyants,
elles deviennent rares.

Fig.
21 - Carrière de Marina pearl près de Larvik

Fig. 22 - Figures de flux magmatique
dans la carrière de Marina pearl

Fig. 23 - Carrière de
Labrador sombre près de Larvik

Fig. 24 - Echantillon de Labrador
AKF
On a
montré (Petersen, 1978) que la
larvikite comporte localement une "stratification", avec des couches
d'épaisseur décimétrique qui plongent vers le
centre des arcs, selon des
surfaces coniques, avec une pente de 50 à 70° : elles
représentent des
foliations magmatiques, liées à l'écoulement du
magma. Même dans les parties
massives non stratifiées, les grands cristaux d'oligoclase, en
forme de
losanges ou de bateaux, montrent une orientation parallèle, qui
détermine la
feuille des carriers : pour le sciage des blocs, on choisit la
direction de
coupe donnant les plus beaux chatoiements.
En ce qui
concerne l'exploitation des
carrières, nous signalerons qu'il existe encore des
carrières entièrement
exploitées à l'explosif, par exemple à Tvedalen.
On abat des masses primaires
de 2000 m3
et plus, qui sont débitées au cours des semaines qui
suivent par forage pneumatique (sur wagon
drills)
et tirs. L'air comprimé est fourni par des centrales
parfaitement propres et
silencieuses, comme nous n'en avons vu nulle part ailleurs. Par contre,
on
avoue un rendement de l'ordre de 5 %, dans les bonnes carrières,
ce qui tient à
la forte fracturation du massif, et parfois à la présence
de filons d'aplite ou
de pegmatite.
L'explosif
utilisé, appelé également
"larvikite", se présente en tubes plastiques de 20 mm de
diamètre,
qui sont centrés dans des trous d'environ 40 mm, non
bourrés, et amorcés par
cordeau détonant accolé au tube. Cependant on
réalise que l'explosif, même en
tirs ménagés, crée des fractures artificielles :
une carrière de Blue Pearl par
exemple, qui avait été arrêtée et
noyée, était en début de reprise par sciage
lors de notre visite.
Le sciage au
câble diamanté a commencé en
1981 dans le Blue Pearl (Marles, 1990), obtenant un rendement de 4,5 m2/h, pour une
vie du câble de 5 m2/m : la
récupération a sensiblement
augmenté.
Aujourd'hui
la câble a été introduit dans
plusieurs carrières pour effectuer les coupes latérales,
les coupes à l'arrière
et à la base étant toujours faites à l'explosif.
Le sciage au câble fonctionne
jour et nuit ; par temps froid, le gel de l'eau de refroidissement est
empêché
par l'ajout de glycol.
Les
carrières emploient de très gros
chargeurs sur pneus, certains atteignant une capacité de 70 t :
ils font tout
dans la carrière, depuis le démantèlement des
parties fracturées de la masse
primaire, le transport des blocs au poste d'équarrissage, et
jusqu'à
l'évacuation des déblais.
L'équarrissement
est réalisé par des
appareils comportant une rangée de marteaux pneumatiques
(souvent jusqu'à 10,
on envisage même de porter leur nombre à 12) ; ces
appareils, qui ont été
conçus et mis au point à Larvik, sont suspendus sous un
portique tournant, avec
une nacelle pour l'opérateur, et viennent se placer sur les
blocs.
L'inconvénient est évidemment un niveau de bruit assez
conséquent. La fente est
ensuite faite par des coins composés et un petit marteau
pneumatique manié à la
main, ce qui est assez rapide.

Fig.
25 - Fractures de décompression dans le massif de Larvik

Fig. 26 - Chargeur Caterpilar, d'une
capacité de 70 t, engin à tout faire dans les
carrières de Larvik

Fig. 27 - Equarrisseuse à
10 marteaux pneumatiques dans une carrière de Larvik
Une autre
roche est produite dans le
graben d'Oslo, c'est le granite rose de Royken,
dans la péninsule au SE de Drammen ; il fait partie du massif de
granite à deux
micas de Drammen, l'une des plus anciennes intrusions permiennes.
4
- Conclusion
La
Norvège est essentiellement
productrice de larvikite ("labrador"), aucun pays n'est actuellement
en mesure de la concurrencer dans ce domaine. Le port de Larvik est
à faible
distance des carrières, et l'on sait que la marine marchande
norvégienne est
parmi les premières du monde. Cependant le facteur de
récupération en carrière
est très faible, du fait de la fracturation naturelle et de
l'emploi
d'explosifs, et les variétés riches en cristaux à
reflets chatoyants se font
rares.
Conséquence
sans doute du développement
de la marine, l'exportation de quartzites est devenue importante,
malgré
l'éloignement de la région d'Alta et sa situation
très septentrionale. Les
producteurs de quartzites tirent parti du climat relativement doux
lié au
courant du Gulf Stream, les navires peuvent circuler toute
l'année, et du bon
marché de l'énergie électrique, produite par de
nombreux barrages.
En
troisième position viennent les
marbres du Nordland, surtout ceux de Fauske, connus internationalement.
Les
marbres du Hordaland (région de Bergen) sont totalement
abandonnés, et la
production de granites peu importante.
Parmi les
autres facteurs limitant le
développement de l'industrie de la pierre, figurent
l'étroitesse du réseau
routier, et surtout le niveau des salaires, tirés vers le haut
par l'industrie
off-shore du pétrole et du gaz.
Les
exportations actuelles de blocs
(171000 t) rangent finalement la Norvège derrière la
Suède (185000 t), la
Finlande (228000 t) et même la France (244000 t).
La
consommation locale est faible (12
kg/habitant/an), liée sans doute à la tradition ancienne
des maisons de bois,
loin derrière la France (24 kg), l'Italie (119 kg) et surtout la
Grèce (173
kg).
A part le
clivage et le débitage des
quartzites et ardoises, l'industrie de transformation est peu
développée. Seule
une entreprise du Trondelag développe ses moyens de production.
Les
ressources en roches ornementales
sont sans doute encore importantes, bien que la prospection ait
débuté dès le
XVIIIe siècle ; au moins une entreprise a un géologue
chargé de la prospection,
et le service géologique national (Norges Geologiske
Undersøkelse) a une
section de roches ornementales.
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